Exclusif

Évasion à Orsainville: la SQ avait mis en garde les détenus

La police était au courant du complot d'évasion... (Photo Jean Marie Villeneuve, Le Soleil)

Agrandir

La police était au courant du complot d'évasion en hélicoptère du Centre de détention de Québec et les trois détenus en avaient été avisés, ce qui ne les a pas empêchés de mettre leur plan à exécution.

Photo Jean Marie Villeneuve, Le Soleil

Daniel Renaud, LA PRESSE - ANNIE MATHIEU, LE SOLEIL
La Presse

Des enquêteurs de la Sûreté du Québec se sont rendus au Centre de détention de Québec pour aviser en personne Serge Pomerleau, Denis Lefebvre et Yves Denis que la police était au courant de leur complot d'évasion. La direction de l'établissement carcéral a néanmoins réduit la cote de sécurité des trois détenus parce qu'il n'y avait aucune note négative à leur dossier, selon ce que des sources ont confié à La Presse et au journal Le Soleil hier.

Les trois fugitifs ont été transférés au Centre de détention de Québec vers le 10 mars, en prévision de leur procès pour trafic de stupéfiants dans la Vieille capitale. Des enquêteurs leur ont rendu visite par la suite pour leur annoncer qu'ils savaient que le trio préparait une évasion, en donnant même quelques détails, a-t-on appris.

À «haut risque d'évasion»

À leur arrivée à Québec, Pomerleau, Lefebvre et Denis étaient considérés à «haut risque d'évasion». Ils ont reçu la plus haute cote de sécurité, soit S5, ce qui signifie qu'ils ne pouvaient pas quitter leur cellule sans être menottés aux mains et aux chevilles avec une chaîne de relais entre les deux et des blocs de sûreté.

Près de 15 jours plus tard, soit le 26 mars, un gestionnaire du Centre de détention responsable du secteur a signé un document dans lequel il abaissait la cote d'Yves Denis, la faisant passer de S5 à S3, ce qui l'a délivré des chaînes et des blocs de sûreté mais pas des menottes. Cette note a été consultée par une source très au fait du dossier, qui signale que les deux autres membres du trio ont eu droit au même traitement que Denis. Les décisions sur les cotes de sécurité sont prises après l'évaluation du comportement des détenus.

Puis, le 1er avril, un autre gestionnaire du centre a décidé de diminuer une nouvelle fois la sécurité entourant Yves Denis. Cette fois, il n'était plus soumis à aucune contrainte puisqu'il n'avait plus de menottes. «Aucune note négative au dossier donc la mesure S3 est suspendue étant donné que le risque d'évasion est moins élevé», était-il écrit en substance, selon nos sources. Ce gestionnaire, qui occupait son poste par intérim, a recommandé ensuite que le détenu soit placé dans un secteur régulier, c'est-à-dire qu'il puisse circuler librement.

C'est grâce à cette dernière décision, prise pour Yves Denis mais appliquée à ses deux acolytes, que le trio a eu accès à la cour F-nord du Centre de détention de Québec, un espace qui est beaucoup moins sécurisé que ceux auxquels ont accès les détenus ayant la cote S5. Rappelons que c'est à cet endroit qu'un hélicoptère a cueilli les trois hommes accusés de meurtre et de trafic de stupéfiants, samedi.

Procédé courant

Il est courant que des policiers visitent des criminels pour leur annoncer qu'ils savent qu'un crime sera commis. Les policiers, recevant des informations laissant présager qu'un crime va être commis de façon imminente, veulent ainsi les prévenir et éviter que des vies soient en danger.

Mais cette visite de la police a-t-elle été un couteau à deux tranchants? A-t-elle rassuré les autorités, qui ont peut-être cru le complot d'évasion éventé et ainsi abaissé la cote de sécurité des détenus?

Une chose est sûre, ces derniers n'ont pas renoncé à leur projet, malgré l'avertissement des policiers.

Mardi, La Presse et Le Soleil ont révélé que dès le début du mois de mars, les policiers de la Sûreté du Québec savaient que Pomerleau, Lefebvre et Denis complotaient pour s'évader. Ils avaient même des informations selon lesquelles l'évasion se ferait en hélicoptère et que le pilote serait un membre de la famille de l'un des accusés.

Selon des informations obtenues par Le Soleil, la police aurait notamment dans sa ligne de mire Maxime Lefebvre, âgé de 26 ans, fils de Denis Lefebvre. Ce dernier a appris à piloter un hélicoptère en compagnie de son père, dans une école de pilotage de Beloeil. Au début du mois de mars, il a été arrêté pour avoir lancé des meubles dans la piscine d'un hôtel, emprisonné au Centre de détention de Québec et libéré le 8 mai. Notons toutefois que Maxime Lefebvre n'est pas recherché ou accusé dans cette spectaculaire évasion et que la Sûreté du Québec, qui reçoit toujours de nouvelles informations depuis les événements de samedi soir, n'a pas écarté d'autres suspects de son collimateur.




À découvrir sur LaPresse.ca

la boite:1600127:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer