Opération antitabac: des membres du clan Desjardins-Mirarchi visés

Une voiture de l'Agence des services frontaliers du... (Photo Patrick Sanfaçon, La Presse)

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Une voiture de l'Agence des services frontaliers du Canada se trouvait devant cette résidence de la rue Aubert à Saint-Léonard. Des enquêteurs procèdent à une perquisition à cet endroit.

Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

Daniel Renaud, Jasmin Lavoie
La Presse

Des individus que la police associait, du moins jusqu'à tout récemment, au clan du caïd Raynald Desjardins et de Vittorio Mirarchi, figurent sur la liste des suspects arrêtés ou recherchés ce matin dans l'importante opération contre un réseau de contrebandiers de tabac lié au crime organisé autochtone et à la mafia de Montréal.

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Carlo Colapelle

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Nicola Valvano

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L'un d'eux, qui est toujours recherché car il est à l'extérieur du pays, est Carlo Colapelle, 43 ans, frère de Giuseppe Colapelle, tué à Montréal en mars 2012. Jusqu'à tout récemment, la police plaçait les frères Colapelle dans l'organisation du caïd Raynald Desjardins et de son jeune lieutenant, Vittorio Mirarchi, actuellement en attente de procès pour le meurtre de l'aspirant parrain Salvatore Montagna, commis à Charlemagne en novembre 2011.

Giuseppe Colapelle, qui aurait été impliqué dans de nombreuses importations de stupéfiants au fil des années pour le compte de plusieurs organisations a été assassiné alors qu'il venait de sortir d'un bar de la rue Langelier. Selon les principales hypothèses, il aurait été victime d'une purge interne ou de la vengeance des Siciliens qui avaient subi plusieurs attaques deux ans plus tôt. Des sources nous ont toutefois indiqué que les choses ayant évolué au sein de la mafia au cours de la dernière année, les Colapelle ne seraient plus liés d'aucune façon à Raynald Desjardins. Leur cellule, tombée en disgrâce à la suite du retour des Siciliens à la tête de la mafia montréalaise, serait toujours active mais aurait été contrainte de délaisser le trafic de stupéfiants.

30
Millions
Le montant de la fraude est évalué à 30 millions de dollars, ce qui en fait la plus importante enquête en matière de contrebande de tabac jamais réalisée en Amérique du Nord.

Franco Albanese, considéré comme un bras-droit des Colapelle, a également été arrêté dans l'opération. Le présumé chef du réseau est un certain Nicola Valvano, 53 ans, qui a des antécédents mineurs et anciens en matière de Loi sur le revenu. D'autres individus liés à la mafia et au crime organisé autochtone figurent également sur la liste des personnes appréhendées.

Depuis 5h30 ce matin, près de 400 policiers participent à cette opération, dirigée par la Sûreté du Québec, avec l'aide de la GRC, du SPVM, d'autres corps de police municipale, les agents des services frontaliers et les policiers américains.

Le montant de la fraude est évalué à 30 millions de dollars, ce qui en fait la plus importante enquête en matière de contrebande de tabac jamais réalisée en Amérique du Nord.

«Le stratagème consistait à acheter d'importantes quantités de tabac provenant de la Caroline du Nord et de le faire parvenir ici grâce à des importations de produits légaux réalisés par des compagnies coquilles» à mentionné Michel Pelletier, chef de la Direction de la lutte à la criminalité contre l'État à la Sûreté du Québec.

Modus operandi

Selon la police, les suspects liés à la mafia montréalaise achetaient d'importantes quantités de tabac cultivé dans des champs, en Caroline du Nord. La marchandise était ensuite chargée à bord de camions et camouflée sous du paillis de cèdre. Les véhicules traversaient la frontière canadienne dans la réserve amérindienne d'Akwesasne ou au poste frontalier de Lacolle. Le tabac était entreposé dans des bâtiments à Montréal ou en Montérégie, où il passait quelques jours, de façon à permettre aux suspects de s'assurer que la cargaison n'avait pas été repérée par les limiers. Le tabac était ensuite transporté dans des usines illégales de la réserve de Kahnawake pour y être traité.

Les policiers ont quelques fois intentionnellement laissé des véhicules suspects qui avaient été identifiés poursuivre leur chemin pour leur permettre de progresser dans leur enquête. Ils ne sont pas intervenus sur les réserves mercredi.

Ils ont saisi 40 000kg de tabac mais ont accumulé de la preuve pour 200 000 kg, ce qui aurait permis la fabrication de plus de 110 millions de cigarettes.

Selon la police, la mafia conservait 60% des revenus du réseau et le crime organisé autochtone mettait la main sur 40%, en vertu d'une entente conclue entre les deux groupes.

Au total,  35 suspects sont visés par l'enquête, mais 28 avaient été arrêtés au moment d'écrire ces lignes. Ils devront faire face à des accusations de participation aux activités et infractions au profit d'une organisation criminelle, fraude de plus de 5000 dollars et trafic d'armes.




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