Pour éviter l'expulsion, Michele Torre raconte ses liens avec les Cotroni

Michele Torre mène aujourd'hui une vie rangée de poseur de... (Photo David Boily, La Presse)

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Michele Torre mène aujourd'hui une vie rangée de poseur de céramique, affirme son avocat.

Photo David Boily, La Presse

20 ans après les faits, Michele Torre doit expliquer pour la première fois sa relation avec les bonzes du défunt clan mafieux Cotroni. La Commission de l'immigration et du statut du réfugié (CISR) l'écoute en vue de décider si deux décennies plus tard, ses activités criminelles passées méritent qu'il soit expulsé du pays.

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L'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) invoque sa grande criminalité et son appartenance à la mafia pour réclamer à la CISR l'expulsion de l'homme d'origine italienne qui est résident permanent au Canada depuis 47 ans.

Ce qu'on lui reproche, c'est son appartenance au Clan Cotroni, décimé et inactif aujourd'hui. Sa dernière condamnation criminelle, huit ans et neuf mois pour complot d'importation de drogue, remonte à 1996. Il a été accusé, mais acquitté, dans le cadre de la rafle antimafia Colisée en 2006. Cela ne peut donc être retenu contre lui.

Ce jeudi matin, un agent de l'ASFC a témoigné à l'effet que le dossier était atterri sur son bureau en 2012, 15 ans après la condamnation de Torre, un délai jamais vu, a-t-il dit.

Torre prétend avoir été informé peu de temps après sa condamnation de 1996, par des agents de l'AFSC, que s'il n'était plus condamné au criminel à l'avenir, il ne serait pas expulsé. L'agent a dit ignorer si cette promesse lui a bien été faite. L'avocat de Torre, Me Stéphane Handfield, s'étonne de voir un tel dossier être entrepris après tant d'années, son client menant aujourd'hui une vie rangée de poseur de céramique, dit-il.

Michele Torre a donc dû répondre aujourd'hui aux questions de la procureure fédérale Me Ewa Staszewicz. En 1996, alors qu'il était coaccusé avec Frank Cotroni sénior et junior, ainsi que Giovanni Marra, Torre avait rapidement plaidé coupable, s'évitant ainsi d'avoir à expliquer ses gestes, et éventuellement d'incriminer les chefs mafieux.

Ses explications d'aujourd'hui sont donc inédites.

Il a raconté qu'entre 1992 et 1996, il travaillait au café Sinatra. Marra était son patron. Il dit qu'il voyait souvent les Cotroni au café. Il leur servait du café et des sandwichs.

«Saviez-vous qu'ils étaient membres de la mafia ?», l'a questionné Me Staszewicz.

«Dans la télé, dans les journaux, ça disait ça, oui», a-t-il répondu.

C'est à Toronto qu'il a été arrêté en avril 1996. Il dit s'être rendu là à la demande de Marra, «pour acheter du café pour le Sinatra».

«Sur place, je devais rencontrer un monsieur Moe au Sheraton Toronto. Marra m'avait dit qu'il allait m'amener chercher du café le lendemain. Monsieur Moe m'a appelé. Il m'a donné rendez-vous dans le lobby de l'hôtel à 4h du matin. Il avait l'air nerveux, j'ai fini par trouver ça louche. Mais à 1h15, ça a cogné à la porte de ma chambre, et c'était la police», a-t-il raconté.

Il dit que c'est le lendemain que les policiers lui ont appris que 170 kg de coke étaient cachés dans la cargaison de café.

«Marra m'avait promis un beau cadeau. Il m'avait donné 300$ pour le voyage», a précisé Michele Torre, identifié à l'époque comme homme de main du clan Cotroni.

Il dit aujourd'hui regretter de ne pas s'être méfié.




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