Qui sont ces jeunes assassins?

Le phénomène est rare. Mais chaque fois, il frappe l'imaginaire. Ils n'ont pas encore 18 ans. Leur crime sème l'effroi. Qui sont ces jeunes assassins?

Les jeunes qui commettent des meurtres sont généralement à la fin de l'adolescence. Dans la majorité des cas, ils ne connaissent pas leur victime. Et ils agissent le plus souvent avec au moins un complice.

Voilà quelques-unes des principales caractéristiques qui ressortent d'une récente étude sur les jeunes auteurs d'homicides au Canada, publiée dans la prestigieuse revue scientifique Criminal Justice and Behavior.

Les chercheurs en psychologie ont étudié les meurtres et les homicides involontaires commis par des adolescents entre 1990 et 2008 en Colombie-Britannique, à partir d'un échantillon de 105 ados.

Les meurtres commis par des adolescents sont toujours fortement médiatisés. Mais ils sont très rares. Ils représentent 0,5% de tous les crimes violents commis parmi de jeunes délinquants au Canada, avertissent d'entrée de jeu les auteurs de l'étude.

Au Canada, entre 2000 et 2009, il y a eu en moyenne 59 adolescents accusés d'homicide par année.

Les deux tiers des adolescents meurtriers avaient au moins 16 ans. Seulement 1% des jeunes de l'étude étaient âgés de 12 ans comme ce jeune de Dorval qui a tué son grand frère d'une balle dans la tête l'an dernier.

Dans la grande majorité des cas, une arme est utilisée. Les ados se servent plus souvent d'une arme blanche (34%) que d'une arme à feu (14,6%). Aux États-Unis, le portrait est bien différent, notent les chercheurs. L'arme à feu est l'arme de prédilection des jeunes Américains auteurs d'un meurtre (entre 57 et 68%, selon les études).

La majorité des jeunes meurtriers ne connaissent pas leurs victimes, selon l'étude menée en Colombie-Britannique. Dans 30% des cas, il s'agit d'amis et de connaissances. Plus rarement, les victimes sont des membres de la famille immédiate (16,5%). Or, chez les adultes, on observe la tendance inverse, indiquent les chercheurs.

Dans les deux tiers des cas, l'ado avait au moins un complice. «C'est possible que l'ajout de complices permette à ces ados de compenser leur physique moins imposant que celui de leur victime adulte», indiquent les chercheurs.

Les auteurs de l'étude se sont aussi penchés sur leurs motivations. Dans près de la majorité des cas, un autre crime a été commis au moment du meurtre, soit un vol (38,6%) ou une agression sexuelle (18,8%).

Cette caractéristique fait penser au cas de l'adolescent de 17 ans qui a reconnu le mois dernier avoir tué son voisin à Sainte-Adèle pour faire «full cash». Avec un ami du même âge, il avait élaboré le plan «Mexico» qui consistait à aller chez son voisin pharmacien quand il était là, l'attacher et le forcer à révéler son NIP. Avec l'argent, les deux garçons et leurs amis partiraient pour le Mexique. Ils ont plutôt été arrêtés et ont plaidé coupable. L'un à une accusation de meurtre prémédité, et l'autre à des accusations de complot pour meurtre et complicité après le fait.

La cible: des inconnus

En comparant avec une étude réalisée sur le même sujet au Canada il y a 20 ans, les chercheurs ont découvert que les jeunes meurtriers d'aujourd'hui avaient plus tendance à s'en prendre à des inconnus au hasard, et moins à des membres de leur famille.

Les chercheurs se demandent si ces meurtriers ne banaliseraient pas la violence après avoir été exposés dans leur enfance à un niveau élevé de violence au quotidien (parents criminels, foyers brisés, consommation de drogues autour d'eux, etc.). Leur agressivité pourrait aussi avoir été exacerbée par une grande consommation d'alcool et/ou une implication dans le trafic de drogues, avancent les chercheurs.

Les chercheurs montrent aussi du doigt l'impulsivité et les distorsions cognitives de ces adolescents.

Les motivations et les caractéristiques des jeunes meurtriers sont «complexes», concluent-ils. Si les jeunes s'en prennent davantage à d'innocentes victimes dans le but d'en tirer profit (vol et agression sexuelle), les programmes de traitement doivent s'adapter en conséquence, croient les chercheurs.




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