Les gangs de rue s'intéressent au DIX30

Une partie du quartier Dix30.... (Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

Agrandir

Une partie du quartier Dix30.

Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Partager

Malgré une criminalité décroissante, le Service de police de l'agglomération de Longueuil est aux prises avec la présence accrue de membres de gangs de rue, en raison du développement du quartier DIX30.

«On voit de plus en plus d'acteurs des gangs de rue de Montréal, des gangs à prédominance bleue, qui sont près des motards, qui ont un intérêt pour le DIX30. Ils cherchent des moyens faciles de faire de l'argent. Avec les établissements [qui ont un permis d'alcool], il y a une possibilité pour eux d'être présents», a affirmé hier Mario Plante, directeur adjoint à la Direction de la surveillance du territoire de la police de Longueuil, lors du dévoilement du bilan 2012 du corps policier.

«Jusqu'à 21h le soir, c'est un endroit parfait. Il n'y a pas d'agressions, les dames y sont en sécurité. Mais après, il y a l'effet bars. Il y a 18 permis d'alcool dans un très petit espace. Mais le phénomène des gangs de rue, ce n'est pas à 18h quand votre fille va magasiner qu'on l'observe», précise le directeur Denis Desroches.

Deux policiers sont désormais affectés en permanence au DIX30, et ils commencent à avoir des sources d'information sur le terrain, affirme le patron.

«Outre les gangs de rue, on appréhendait au DIX30 des vols d'autos en série, et il n'y en a pas trop. Il y a maintenant un peu moins de criminalité sur le boulevard Taschereau, ça s'est déplacé au DIX30. Il y a des fraudes auprès des commerçants. Des vols à l'étalage. Beaucoup d'accidents mineurs, de délits de fuite, de rage au volant. La circulation est dense et ça irrite parfois», a ajouté M. Desroches.

Plus de crimes résolus

De façon globale, le taux de criminalité est en baisse sur la Rive-Sud. Le taux de résolution de crimes s'est légèrement amélioré, pour s'établir à 39,1% - une hausse de 3,9% par rapport à 2011. Les crimes contre la personne sont résolus à 80%, ceux contre la propriété, à seulement 20,8%.

Les arrestations pour utilisation d'un téléphone cellulaire au volant ont doublé, et les contraventions pour non-respect du Code de la sécurité routière ont augmenté de 10%. Il y a toutefois eu 20% moins de collisions.

Autre fait saillant de 2012: une trentaine d'évènements liés au conflit étudiant ont marqué l'année au sud du fleuve. Et cela a coûté 826 373$ à la police de Longueuil.

«Nous avons eu quatre ou cinq cas de vandalisme dans des bureaux de députés, le saccage des bureaux du ministère de l'Éducation, plusieurs manifestations au cégep. Même pour les [manifestations de] casseroles, l'encadrement nécessitait des effectifs. Le Grand Prix du Canada nous a mobilisés autour du métro», a expliqué le directeur.

Le bilan annuel rapporte que les agents ont utilisé du gaz irritant à 24 reprises, comparativement à 11 en 2011. Mais le directeur refuse de faire un lien entre cette augmentation et les manifestations.

«Nous avons observé une diminution des plaintes en déontologie (137 en 2012, contre 146 en 2011) dans le contexte des manifestations, alors c'est positif», conclut-il à ce sujet.

________________________________________

Une nouvelle escouade régionale pour lutter contre le crime organisé, ça presse

Si une nouvelle escouade régionale de lutte contre le crime organisé n'est pas rapidement reconstituée en Montérégie, le directeur de la police de Longueuil Denis Desroches craint que la police perde du terrain au profit des bandits.

L'Escouade régionale mixte (ERM) de la Montérégie est inopérante depuis vendredi dernier, après l'annonce par Ottawa de la cessation du financement de ces équipes d¹enquêteurs de plusieurs corps policiers qui, dans diverses régions du Québec, luttaient main dans la main contre gangs de rues et motards.

«Nos policiers qui participaient à l'ERM vont continuer à enquêteur sur le crime organisé, mais que sur notre territoire», affirme Denis Desroches.

Voilà qui rend la police moins efficace.

«Pour avoir participé à Carcajou dès sa création en 95, la centralisation du renseignement permet aux enquêteurs d'avoir vision globale sur ce qui se passe. Sans partenariat, il peut y avoir une information intéressante à St-Jean, qui ne sera pas accessible aux autres enquêteurs. Sans ces liens, notre travail est plus difficile», explique Mario Plante directeur adjoint à la Direction de la surveillance du territoire.

Mais Denis Desroches refuse de s¹avouer vaincu face à la pègre et jure que des discussions sont en cours entre les corps policiers de la région pour recréer, d'ici un mois, une escouade sous une autre forme.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

la boite:1600127:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer