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Plus de 33 000 armes à feu saisies au Québec en 5 ans

À peine 0,2% des armes ont été saisies... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE)

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À peine 0,2% des armes ont été saisies dans les milieux criminels autochtone ou italien, démontrent des chiffres compilés durant les quatre premiers mois de 2012.

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Alors que les tueries se succèdent et que le débat sur les armes fait rage aux États-Unis, La Presse a obtenu des chiffres surprenants sur les armes à feu saisies au Québec: sur des milliers d'armes à feu confisquées chaque année par la police, une infime proportion provient du crime organisé.

En tout, les différents corps policiers du Québec ont saisi plus de 33 000 carabines, pistolets, fusils mitrailleurs et revolvers depuis cinq ans (janvier 2008 à octobre 2012), révèlent des données obtenues grâce à la Loi sur l'accès à l'information. Sur le lot, plus de 4700 armes ont été saisies à Montréal et 1400 à Québec. C'est la Sûreté du Québec qui a fait la plus grosse récolte, avec près de 20 000 armes à feu confisquées sur son territoire, dont seulement deux carabines et un pistolet appartenaient à des membres de gangs de rue.

Un peu plus élevé à Montréal

À Montréal, la proportion de fusils qui appartenaient au monde des gangs est un peu plus élevée: 248 sur 4700, soit un peu plus de 5%. À peine 0,2% des armes ont été saisies dans les milieux criminels autochtone ou italien, démontrent des chiffres compilés durant les quatre premiers mois de 2012.

«Même si ce sont surtout ces crimes qui font les manchettes, les meurtres commis par armes à feu ne sont pas un problème typiquement lié au crime organisé, explique la présidente de la Coalition pour le contrôle des armes, Wendy Cukier. En fait, c'est une situation qui survient beaucoup plus souvent entre des gens qui se connaissent, comme dans les cas de violence conjugale, par exemple.»

Le registre des armes d'épaule qu'a aboli le gouvernement fédéral comptait quelque 7,1 millions d'inscriptions. «Ces armes n'appartiennent évidemment pas toutes à des criminels», dit Mme Cukier. Selon elle, plusieurs armes saisies par la police ont été achetées légalement, mais sont tombées entre de mauvaises mains par la suite, ou alors leur propriétaire en fait un usage dangereux.

«Parfois, l'arme a été volée ou donnée à quelqu'un. Ou bien le propriétaire l'utilise pour menacer quelqu'un ou commettre un crime. Il arrive aussi qu'il soit condamné pour un autre crime ou diagnostiqué avec des troubles mentaux, explique la présidente. Dans ces situations, les policiers saisissent l'arme.»

D'où l'importance, dit-elle, du défunt registre des armes d'épaule. «Il permettait aux policiers de savoir si un criminel avait des armes ou de remonter la trace des fusils qu'ils saisissaient.»

Abolition du registre

Rappelons que le gouvernement fédéral a adopté en

avril 2012 une loi sur l'abolition et la destruction du registre. Au terme d'une longue bataille, le gouvernement du Québec a réussi à obtenir une injonction empêchant la destruction des données québécoises.

Aux États-Unis, le président américain Barack Obama a promis la semaine dernière de «prendre des mesures» pour faire cesser la violence causée par les armes à feu. Il répondait ainsi à une pétition en ligne signée par plus de 400 000 personnes dans la foulée de la tuerie de l'école primaire de Newtown.

- Avec Daniel Renaud et William Leclerc

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