Espionnage: Coderre soutient Pichet

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Denis Coderre lors de l'assermentation de Philippe Pichet, en août 2015.

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Katia Gagnon
La Presse

En pleine tourmente sur l'affaire d'espionnage de journalistes, le maire de Montréal, Denis Coderre réitère sa confiance à l'endroit du chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Philippe Pichet.

Le maire Coderre semble satisfait des explications données hier, à sa demande, par le directeur du SPVM suite aux derniers développements dans l'affaire de l'espionnage de journalistes. M. Pichet a émis un bref communiqué samedi, où il a nié que le chroniqueur Patrick Lagacé et le journaliste Vincent Larouche aient fait l'objet d'écoute électronique.

Il n'a cependant pas nié que de tels mandats aient été demandés par la police, ce que les documents obtenus par La Presse démontrent hors de tout doute.

«On a un directeur de police qui a dit ce qu'il a dit et je n'ai aucune raison de douter de lui. Si le processus de vérification des faits nous amène ailleurs, on va prendre les décisions qui s'imposent. Mais au même titre que je vais me battre pour la liberté de presse, je vais me battre bec et ongle pour qu'on respecte le principe de la société de droit», a déclaré M. Coderre lors d'un point de presse, en marge d'un colloque organisé par sa formation politique.

Philippe Pichet devrait-il se retirer temporairement le temps que la lumière soit faite sur cette affaire? «Non, je ne demanderai pas la démission de M. Pichet, a déclaré le maire. Mais inquiétez vous pas, s'il y a des faits qui sont démontrés noir sur blanc il y aura des gestes qui vont être posés.»

Pour M. Coderre, il est clair que ce sont les policiers qui faisaient l'objet de l'écoute électronique. «Est-ce un mandat d'écoute électronique ou c'est un mandat d'écoute de policiers qu'on accuse et qui, à l'intérieur de cela, on peut entendre des journalistes?»

Les mandats obtenus par La Presse font cependant nommément état de la possibilité pour les policiers d'écouter les conversations téléphoniques du chroniqueur Lagacé et du journaliste Larouche.

«Ça dépend de l'interprétation qu'on donne», rétorque Denis Coderre. «Si on voulait arrêter Mom Boucher et pendant qu'on l'enquête, on a dans le mandat qu'il a parlé avec des journalistes, est-ce Mom Boucher qu'on met sous écoute ou des journalistes? Est-ce qu'on ne veut pas juste circonscrire la preuve pour qu'on soit béton? Alors ce n'est pas à moi à jouer au juge. On va laisser l'enquête suivre son cours.»

Et cette enquête de nature administrative, elle sera menée par Me Denis Gallant, à l'extérieur de son rôle comme inspecteur général de Montréal. De plus, la commission de la sécurité publique entendra tous les acteurs de cette affaire et rendra un rapport d'ici le 31 janvier prochain.

Le maire a exhorté les médias à la prudence, rappelant qu'à la base de toute cette affaire, on retrouve des policiers qui font l'objet d'accusations devant les tribunaux. Ils feront l'objet d'un procès d'ici la fin du mois. «Et il y a des gens qui ont intérêt à faire sauter ce procès-là», a-t-il ajouté.

Pour Alexandre Norris, conseiller du parti Projet Montréal, Philippe Pichet devrait se retirer temporairement, le temps que les faits soient plus clairs. «On vit une crise de confiance à l'endroit du SPVM, dit-il. L'objectif de M. Coderre depuis le début est de balayer toute cette affaire sous le tapis.»

«La version de M. Pichet a évolué dans le temps. On prétendait qu'il n'y avait pas d'écoute électronique dans ce dossier. Or, on apprend samedi qu'ils ont demandé des mandats pour faire précisément cela. C'est une contradiction flagrante.»

De plus, M. Norris estime que Denis Gallant compromet son indépendance par rapport au pouvoir politique en acceptant de mener une enquête sur cette question «hautement politisée.» Pour lui, il est «inapproprié» de confier un tel mandat à Denis Gallant. «Ce n'est pas son rôle d'enquêter sur la police.»

Le maire Coderre est donc finalement sorti du mutisme qu'il observait sur cette délicate affaire d'espionnage depuis que La Presse ait révélé, samedi, que le SPVM avait non seulement espionné les appels entrants et sortants d'au moins deux journalistes, dont le chroniqueur Patrick Lagacé, mais avait également obtenu un mandat d'écoute électronique pour M. Lagacé et le journaliste Vincent Larouche.

Le directeur du SPVM, Philippe Pichet, a répliqué samedi par voie de communiqué, indiquant «qu'aucune autre personne, mis à part des policiers, n'a fait l'objet d'écoute électronique».

De son côté, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a réclamé «la plus grande transparence dans ce dossier». Il s'est dit «préoccupé au plus haut point» et a demandé aux autorités montréalaises de «poser des gestes afin de restaurer la confiance des Montréalais envers leurs institutions.»

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