Pas d'accusations criminelles contre l'inspecteur-chef du SPVM

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Le directeur du SPVM, Philippe Pichet

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Daniel Renaud
La Presse

Vengeance et climat de travail «très particulier». C'est ainsi que le chef de la police de Montréal, Philippe Pichet, a résumé ce matin les motivations derrière les allégations criminelles aujourd'hui évaporées contre son patron des affaires internes, Costa Labos.

En annonçant que M. Labos a été blanchi par un procureur, le directeur Pichet a décoché une flèche aiguisée comme on en voit rarement contre le syndicat de ses 4000 policiers et policières qui avait demandé à ce que l'inspecteur-chef soit affecté à d'autres taches, en attendant la fin de l'enquête menée par la Sûreté du Québec.

«Je veux déplorer l'attitude mal intentionnée de certains individus, dont la Fraternité des policiers et policières qui ont choisi de s'en prendre au SPVM, de mettre en doute mon jugement, de réclamer le déplacement de l'inspecteur-chef Labos, malgré le fait que ceux-ci ne connaissaient pas tous les aspects de cette affaire. N'oublions pas que nous sommes dans un contexte de travail très particulier», a dit M. Pichet.

«M. Labos occupe le poste le plus impopulaire dans un service de police. Ça fait six ans qu'il occupe cette fonction-là. Il a fait plusieurs enquêtes. Cela fait peut-être en sorte qu'aujourd'hui, des individus peuvent lui en vouloir. Cela montre que le travail rigoureux est le meilleur moyen de se protéger contre les déclarations mensongères, le mépris des faits et des lois dont s'abreuvent certains individus», a-t-il ajouté, avant de réitérer sa confiance envers son patron des affaires internes.

Plus tard, par voie de communiqué, le président de la Fraternité, Yves Francoeur, a répliqué que le patron des affaires internes du SPVM doit être au dessus de tout soupçon et a de nouveau réclamé que M. Labos soit déplacé. «Malgré l'absence d'accusation, le lien de confiance entre le responsable des affaires internes et les policiers de Montréal est brisé pour un ensemble de raisons et c'est évident qu'il devrait être affecté à une autre tâche » a écrit le chef syndical.

Trois volets d'enquête

Au début de l'été, la direction du SPVM a demandé à la Sûreté du Québec de faire enquête sur des allégations contre Costa Labos. On reprochait notamment à ce dernier d'avoir menti à un juge pour obtenir un mandat de perquisition contre un policier retraité qui avait été vu discutant avec un journaliste, d'avoir dévoilé l'intention d'une source -ce qu'il es interdit de faire- alors qu'il se trouvait au restaurant Le Liège, appartenant à son frère, et enfin d'avoir reproché à des enquêteurs -qui l'ont enregistré à son insu- de s'être rendu, sans permission, interroger un témoin dans l'affaire de l'ex-enquêteur Mario Lambert, alors accusé d'avoir utilisé frauduleusement un ordinateur du service.

Selon nos informations, la SQ a déposé son rapport sur le bureau d'un procureur le mois dernier. Hier, le Directeur des poursuites criminelles et pénales a décidé de ne pas porter d'accusation. «La conclusion est claire, simple et sans équivoque» a fièrement annoncé le chef Pichet.

Ce dernier a toutefois laissé entendre que des vérifications de natures non criminelles sur l'intégrité de policiers étaient toujours en cours dans le volet de Mario Lambert.

Cocktail molotov

Le 15 septembre dernier, le restaurant Le Liège, qui appartient au frère de Costa Labos, a été la cible d'incendiaires. L'événement est survenu durant une vague d'incendies visant des cafés et vraisemblablement liée à un regain de tension au sein de la mafia. Des sources ont confié à La Presse que l'endroit serait parfois fréquenté par des revendeurs d'héroïne ou des individus liés au crime organisé.

La direction du SPVM dit n'avoir aucune information qui lui permet de faire des liens entre l'établissement et le crime organisé. Le chef Pichet affirme que sa section des Incendies criminels enquête sur l'attentat du 15 septembre.

«En ce qui concerne mon personnel, je m'assure en tout temps qu'il soit intègre. Si on a des infos qui nous amènent à croire le contraire, c'est sûr qu'on va les vérifier. Mais il faut faire attention, on parle d'un événement qui s'est produit chez le frère de M. Labos, et qui est dans une tout autre dimension», a indiqué M. Pichet.

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Pour joindre Daniel Renaud en toute confidentialité, composez le (514) 285-7000, poste 4918, ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.

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