Juges au Canada: les minorités très peu présentes, révèle une étude

Alors que les libéraux à Ottawa veulent moderniser le mécanisme de nomination... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE)

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Michael Tutton
La Presse Canadienne
Halifax

Alors que les libéraux à Ottawa veulent moderniser le mécanisme de nomination des juges, et que les minorités ethniques sont toujours cruellement sous-représentées au sein de la magistrature au Canada, certains estiment que l'occasion est belle de casser ce système judiciaire très «blanc caucasien».

Dans une étude publiée en mai sur le site de l'Institut de recherche en politiques publiques, Andrew Griffith estimait que 1 % des 2160 juges des cours supérieures et de premières instances au pays sont autochtones, et que 3 % sont issus de minorités culturelles. Dans les tribunaux de premières instances, M. Griffith a relevé 52 juges issus de minorités visibles et 19 juges autochtones sur un total de 1132 magistrats.

Au Québec, M. Griffith a déniché trois juges de minorités visibles sur 500 magistrats (0,6 %), alors que selon les chiffres du Barreau, plus de 1800 de ses quelque 25 000 membres (7,2 %) s'identifient eux-mêmes comme faisant partie d'une minorité visible.

M. Griffith a dû accomplir un travail de moine en analysant attentivement des centaines de biographies de juges afin de dresser un «portrait raisonnable» de la diversité au sein de la magistrature, puisque ni le Bureau du commissaire à la magistrature fédérale ni la plupart des provinces ne tiennent de statistiques à ce sujet.

M. Griffith espère que les libéraux de Justin Trudeau tiendront leurs promesses de réformes pour combler cet écart. Le mois dernier, le gouvernement Trudeau a inclus un Autochtone et un Canadien issu de la minorité asiatique dans une liste de 15 nominations à la magistrature, et la ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, s'est engagée à accroître la diversité culturelle.

Naiomi Metallic, une Micmaque de 35 ans qui dirige la chaire de droit et de politiques autochtones à l'Université Dalhousie, n'en revient pas de ces statistiques désastreuses, alors que les autorités répètent depuis des années qu'il est important et urgent d'agir.

«Les institutions qui ont beaucoup de pouvoirs doivent être le reflet des sociétés qu'elles servent», estime la professeure Metallic, aussi membre d'un comité du Barreau de la Nouvelle-Écosse qui se penche sur ce problème. Elle suivra avec attention les gestes concrets que posera le gouvernement fédéral, alors qu'il devra pourvoir cette année au moins 41 postes vacants au sein de sa magistrature, et qu'une quarantaine de postes seront vacants dans les provinces. On devrait aussi pourvoir des postes vacants à la Cour fédérale et même à la Cour suprême.

Marilyn Poitras, avocate métisse à Saskatoon et professeure de droit à l'Université de Saskatchewan, déplore que seuls deux juges sur 101 soient autochtones dans cette province où la population autochtone atteint 16 %. Elle rappelle aussi que le système judiciaire rate une belle occasion d'apprendre des points de vue autochtones.

Les professeures Poitras et Metallic notent qu'il ne manquera pas de bons candidats si on veut vraiment résoudre cette sous-représentation: 175 étudiants noirs et autochtones de Dalhousie, par exemple, ont obtenu leur diplôme de droit depuis une vingtaine d'années.

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