Un homme voulait tuer sa femme par compassion

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Dépressif et dépassé par l'état de santé de son épouse, Bernard Laberge l'a frappée avec un lourd objet de métal pour abréger ses souffrances, le 5 septembre 2012. L'homme de 78 ans voulait en finir lui aussi. Il a pris des médicaments et s'est ouvert les poignets. Mais au bout de plusieurs heures, les deux étant toujours en vie, M. Laberge a appelé la police.

C'est ce qui se dégage du récit qui a été fait devant le juge Jean-Pierre Boyer, récemment, dans le cadre des plaidoiries sur la peine à imposer à M. Laberge. Maintenant âgé de 82 ans, l'homme a plaidé coupable à une accusation réduite de voie de fait grave à l'égard de son épouse, Lise, qui avait le même âge que lui. Celle-ci affichait plusieurs blessures à la tête, mais pas de fracture. Elle a menti pour protéger son mari en disant qu'elle était « tombée dans les escaliers ». Elle est décédée un mois après les faits, mais pas de ses blessures. Souffrant d'emphysème et d'un début de cancer, elle refusait de s'alimenter et de s'hydrater à l'hôpital. Elle avait déjà dit à ses nièces qu'elle voulait mourir, arrêter de souffrir.

RELATION HARMONIEUSE

Me Richard Paquette, avocat de M. Laberge, a fait ressortir que le couple avait vécu une relation harmonieuse pendant plus de 50 ans. M. Laberge était retraité d'Hydro-Québec. Le rapport avant sentence révèle que leur seul enfant, un fils, s'était suicidé à l'âge de 37 ans.

La procureure de la Couronne, Me Nadine Haviernick, a signalé qu'elle avait longuement pensé à ce cas particulier, qui peut appeler énormément de sympathie. « L'obstacle, c'est la violence des coups, qui diffère de tous les cas de compassion », a-t-elle dit. Pour frapper sa femme, M. Laberge a utilisé un gros clou servant à installer des rails de chemin de fer. La procureure a proposé une peine de 18 à 24 mois.

Après un bref délibéré, le juge Jean-Pierre Boyer a fait preuve de mansuétude et a accordé une peine avec sursis à M. Laberge, assortie d'une probation de trois ans. Il devra aussi effectuer 240 heures de travaux communautaires et respecter différentes conditions imposées par le juge.

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