Un père rédemptoriste écope de quatre ans de prison

Le père rédemptoriste Jean-Claude Bergeron.... (PHOTO FOCUS 1/RENAUD PHILIPPE)

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Le père rédemptoriste Jean-Claude Bergeron.

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne

Le père rédemptoriste Jean-Claude Bergeron écope d'une peine de quatre ans de prison pour des abus sexuels commis sur de jeunes garçons, il y a 40 ans.

Le juge Jean-Pierre Dumais a énoncé oralement la peine lundi matin, au palais de justice de Québec.

L'homme, qui a maintenant 76 ans, a pris le chemin de la prison tout de suite après.

Cette peine met fin à une longue saga judiciaire de six ans, au grand soulagement des victimes.

L'ancien surveillant de dortoir avait été reconnu coupable, le 9 décembre dernier, de grossière indécence et d'attentat à la pudeur sur sept élèves de 12 ans, au Séminaire Saint-Alphonse de Sainte-Anne-de-Beaupré.

La procureure de la Couronne, Carmen Rioux, réclamait une peine variant entre trois ans et demi et quatre ans de prison. L'avocat de la défense avait suggéré une peine à purger dans la collectivité.

Lundi, Me Rioux s'est déclarée satisfaite de la peine de pénitencier imposée. Elle espère que les victimes dans cette affaire pourront enfin tourner la page.

En entrevue téléphonique, Me Rioux a indiqué que le juge avait détaillé les facteurs atténuants et les facteurs aggravants dont il a tenu compte pour déterminer la durée de la peine de prison: «Il a dit privilégier la dissuasion et la dénonciation».

Le juge Dumais a noté que le père avait exprimé des regrets - bien que tardivement -, qu'il n'avait pas d'antécédents judiciaires et qu'il n'avait pas commis de crime depuis les événements qui se sont déroulés de 1976 à 1980.

Mais du côté des facteurs aggravants, le juge Dumais a relevé l'âge des victimes et le fait que le surveillant était en situation d'autorité sur eux. Le nombre de victimes a aussi pesé dans la balance et certains des garçons ont vécu plus d'un événement d'abus aux mains de Jean-Claude Bergeron. Ceux-ci ont duré des années et le juge y a vu une forme de préméditation, a expliqué Me Rioux.

Il a aussi noté que la vie de ces jeunes garçons avait été marquée, voire brisée par ces abus, a rapporté la procureure de la Couronne.

«Il a dit que le facteur aggravant le plus important était l'abus d'autorité», a précisé Me Rioux.

Le juge a même dit que «les victimes étaient prises au piège par un système complaisant».

L'une d'entre elles, Stéphane Trottier, a déclaré qu'«après six ans, ça a valu la peine de se tenir debout, de passer à travers les hauts et les bas».

«Parce qu'aujourd'hui, il est entré par la porte d'en avant et est ressorti par la porte d'en arrière, comme il aurait dû. Pour moi, c'est un grand soulagement», a déclaré l'homme à Cogeco.

C'est alors qu'une enquête était en cours au sujet des abus commis par un autre père - Raymond-Marie Lavoie, qui a plaidé coupable et a été condamné à la prison - que le père Bergeron avait été identifié comme autre agresseur des jeunes élèves.

Le père Bergeron a 30 jours pour porter sa peine en appel. Il n'avait toutefois pas logé d'appel contre sa condamnation, rendue en décembre dernier.

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