Terrasses: le propriétaire de Chez Alexandre proteste de nouveau

Alain Creton, le propriétaire de Chez Alexandre, a une... (PHOTO PATRICK SANFACON LA PRESSE)

Agrandir

Alain Creton, le propriétaire de Chez Alexandre, a une fois de plus été envahi par l'émotion, hier. Il a éclaté en sanglots en parlant de ses chaises qu'il a importées de Paris.

PHOTO PATRICK SANFACON LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Pour protester contre la réglementation municipale qui l'empêche d'installer une terrasse adossée à la façade de son commerce, le propriétaire du célèbre restaurant Chez Alexandre a lancé, hier, le mouvement « Occupons la terrasse ».

Tous les jours entre 11 h 45 et midi, les employés du restaurant de la rue Peel vont désormais s'installer en face de l'établissement les bras croisés, et ce, jusqu'à ce que le maire Denis Coderre accorde une dérogation à l'une des « plus vieilles terrasses sur rue » de Montréal.

« Le maire, c'est comme une mère, et quand une maman a un enfant différent, elle doit s'en occuper de façon différente », a déclaré Alain Creton, propriétaire du restaurant, qui avait convié les médias hier midi pour assister à son coup d'éclat.

L'an dernier, à pareille date, M. Creton avait invité les journalistes à assister au démantèlement de sa terrasse, avant le passage des huissiers de la Ville de Montréal qui menaçaient de le faire à sa place. C'est la larme à l'oeil qu'il s'était exécuté devant les caméras.

Propriétaire en sanglots

L'émotion l'a une fois de plus envahi, hier. Il a éclaté en sanglots en parlant de ses chaises qu'il a importées de Paris.

C'est d'ailleurs en citant l'argument culturel que M. Creton a défendu sa terrasse en contrebas de la devanture de son restaurant. Le restaurant Chez Alexandre, qui existe depuis 40 ans, s'inspire des célèbres terrasses parisiennes. Alain Creton a aussi déclaré qu'il avait l'appui de la consule générale et de l'ambassadeur de France dans sa démarche.

Une question de sécurité

Depuis deux ans, les terrasses à Montréal doivent être installées dans la rue à la place des cases de stationnement ou sur un trottoir suffisamment large pour laisser une bande libre de 1,5 m. Cette mesure vise à assurer un passage sécuritaire pour les personnes à mobilité réduite et les non-voyants.

L'an dernier, plusieurs restaurateurs se sont plaints publiquement des nouvelles exigences dans l'installation des terrasses, notamment en raison du coût des matériaux et des permis.

Laurent Morissette, qui milite au sein du Regroupement des activistes pour l'inclusion du Québec (RAPLIQ), a assisté hier midi à la conférence de presse. L'homme qui se déplace en fauteuil roulant a expliqué que cette nouvelle mesure avait nettement amélioré la sécurité des déplacements des Montréalais à mobilité réduite.

« Je n'en démords pas, les terrasses installées en contre-allée sont là pour une question de sécurité, on doit laisser le passage piéton libre le plus possible », maintient Laurent Morissette, du Regroupement des activistes pour l'inclusion du Québec.

« Est-ce qu'il a vu sa clientèle diminuer ? Je ne sais pas. Mais si sa clientèle a diminué, peut-être qu'il devrait revoir son modèle d'affaires plutôt que casser du sucre sur les questions essentielles pour la mobilité des gens. À la limite, je trouve cela un peu odieux », a-t-il ajouté.

M. Creton, lui, plaide que la circulation piétonnière sur la rue Peel pourrait entraîner des accidents entre les serveurs et les passants.

Jorge Ferreira, gérant du café Vasco de Gama qui exploite une terrasse en contre-allée à un jet de pierre de celle de Chez Alexandre, n'est pas de cet avis. Ce dernier affirme qu'il aurait pu augmenter la capacité de sa terrasse en la déplaçant dans la rue.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer