Un juge estime que la SQ et le DPCP ont «abusé» de leurs droits

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En dénonçant un policier qui, selon lui, roulait de façon dangereuse dans son véhicule banalisé, René Forget s'est retrouvé à être intercepté par ledit policier et a écopé de deux contraventions pour vitesse excessive et franchissement d'une ligne de démarcation.

Le vent a toutefois tourné au procès : Forget, lui-même un ex-policier devenu humoriste, a été acquitté, tandis que la Sûreté du Québec (SQ) et le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) ont été critiqués en Cour du Québec pour avoir « abusé » de leurs droits dans le traitement du dossier. D'ailleurs, le magistrat Jean-Georges Laliberté condamne le poursuivant à payer les frais de M. Forget, qui se défendait seul, sans avocat.

L'incident est survenu en fin de soirée, en décembre 2012, sur l'autoroute 40, direction ouest, près de la 25. M. Forget avait composé le numéro d'urgence de la SQ pour dénoncer un automobiliste qui, selon lui, roulait de façon non sécuritaire. En s'approchant, il avait constaté que le type portait un uniforme de la SQ.

Un «tata»

Dès après, le préposé de la SQ avait communiqué avec le policier, un superviseur de relève, pour lui dire qu'un automobiliste, un « tata », un « méchant pingouin », venait de signaler sa conduite erratique et voulait « faire des plaintes ».

Le policier avait alors constaté que l'automobiliste plaignant le suivait. Selon le résumé du juge, le policier avait ralenti sous la limite de vitesse en espérant prendre son numéro de plaque. Mais M. Forget avait lui aussi ralenti. Voyant cela, le policier avait pris une sortie (Saint-Laurent) et était revenu par la voie de service pour « piéger » M. Forget.

Ce dernier a été intercepté beaucoup plus loin, soit sur l'autoroute 15 près de la sortie de L'Île-des-Soeurs.

« Hors de lui », M. Forget a dit au policier qu'il irait jusqu'au bout et qu'il lui ferait perdre son emploi.

Au procès, le policier a soutenu que M. Forget avait roulé à 130 km/h, sauf dans la portion où il y avait un radar photo (qui ne s'était pas déclenché.) M. Forget assurait, de son côté, qu'il avait respecté les limites de vitesse.

Doute sur les motivations du policier

Le juge concède que M. Forget a une « personnalité querelleuse » et que, même s'il prétend le contraire, il est à l'aise devant la Cour et « extrêmement bien préparé ».

En revanche, le juge a trouvé que les motivations du policier et sa version sur les infractions laissaient planer un doute. Le policier a suivi M. Forget sur 18 km avant de l'intercepter, en dehors du territoire qui lui était désigné.

Le juge a aussi adressé des reproches aux deux procureurs qui ont occupé dans le dossier. Le premier, alors qu'il discutait dans le stationnement du palais, au deuxième jour du procès, aurait confié à un collègue que M. Forget était un « hostie de fou ». Forget était assez proche pour entendre. Le juge a aussi estimé que le procureur et l'autre qui l'a remplacé par la suite n'avaient pas respecté les « règles de fair-play » avec M. Forget. Celui-ci a été questionné sur son passé de policier, alors que, relève le juge, il ne voulait pas en parler.

Par ailleurs, pendant les procédures, la SQ et les procureurs ont consulté à 10 reprises le dossier de conducteur de M. Forget à la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ). Le magistrat en infère qu'ils voulaient attaquer sa crédibilité en « jetant une ombre sur son dossier de conduite ».

Possibilité d'appel

M. Forget s'est dit content du jugement et considère que c'était assez prévisible. Il n'a pas voulu s'étendre sur les détails, car ce n'est pas fini, selon lui. Il a signalé qu'il était allé neuf fois à la cour pour cette affaire.

La décision sera-t-elle portée en appel par le ministère public ?

Me Jean-Pascal Boucher, porte-parole du DPCP, ne pouvait répondre à cette question, mais a indiqué qu'on était toujours dans les délais.

Prise de poids

René Forget a été policier entre 1995 et 1998. Il a été très affecté par la perte de son emploi et a pris beaucoup de poids. Plus tard, il a entrepris de faire carrière comme humoriste et faisait, entre autres, des gags sur son passé de policier, ainsi que sur son poids. En 2010, il a subi une intervention chirurgicale à l'estomac qui lui a fait perdre beaucoup de poids.

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