Merouane Ghalmi voulait grossir les rangs d'un groupe islamiste en Syrie

Merouane Ghalmi... (Photo Graham Hughes, archives La Presse Canadienne)

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Merouane Ghalmi

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Le Montréalais Merouane Ghalmi est devenu en 2015 le premier Québécois à accepter de porter un bracelet GPS parce que les autorités ont peur qu'il commette un acte terroriste. Mais que lui reproche-t-on exactement? Pour la première fois, des documents lèvent le voile sur son plan pour grossir les rangs d'un groupe islamiste en Syrie.

Merouane Ghalmi était rendu aux frontières de la Syrie lorsque les autorités turques lui ont mis la main au collet et l'ont renvoyé au Canada. Selon la police, le jeune montréalais allait joindre les rangs d'un groupe djihadiste et son ami, le combattant djihadiste québécois Sami Elabi, véritable modèle pour plusieurs jeunes Canadiens radicalisés.

C'est ce que confirme un document judiciaire datant de mai 2015, mais dont le contenu vient tout juste d'être libéré par le tribunal. Ces allégations n'ont toutefois pas encore été testées devant le Tribunal. 

Merouane Ghalmi est ce jeune résident de Pierrefonds qui est devenu en mars 2015 le premier québécois à se faire imposer de sévères conditions en vertu de l'article 810.01 du Code criminel parce que les autorités craignent qu'il commette un acte terroriste.

Il a notamment accepté de porter un bracelet GPS pour que la GRC puisse suivre ses déplacements à la trace. L'homme ne fait l'objet d'aucune accusation criminelle. Il n'est pas incarcéré.

Selon une dénonciation déposée en cour par l'Équipe intégrée de la sécurité nationale (EISN) de la GRC en mai 2015, Ghalmi est non seulement radical, mais il est passé à deux doigts de joindre les rangs d'un groupe terroriste.

Parti rejoindre son ami

Le Montréalais, adepte des sports de combat, a été arrêté en Turquie en 2013 à la demande de son père alors que, selon les autorités, il s'apprêtait à traverser en Syrie.

Il aurait quitté le Québec sans aviser sa famille à bord d'un avion pour Kuala Lumpur en Malaisie, d'où il a acheté son billet vers la Turquie, un point de passage de nombreux candidats au jihad.

Il aurait mentionné «vouloir aller visiter un ami blessé au combat».

À la même époque, son ami d'enfance, le djihadiste Sami Elabi, qui a lui aussi grandi à Pierrefonds, se battait déjà en Syrie avec un groupe considéré terroriste par le Canada. Selon la police, Elabi, de son nom de guerre Abu Safwan al-Kanadi (le Canadien), a tenté de recruter des proches. Le combattant a lui-même admis dans une entrevue accordée au Journal de Montréal en janvier qu'il a invité Ghalmi à «venir donner des cours de combat à mains nues aux rebelles».

La GRC croit que c'est lui que le jeune homme allait rejoindre.

Merouane Ghalmi aurait beaucoup changé au cours des dernières années. Assez pour que sa famille s'inquiète et sonne l'alarme lorsqu'il est parti en voyage.

Il aurait notamment montré plusieurs signes de radicalisation, se renseignant au sujet de groupes et de combattants islamistes, dérogeant de la vision familiale de l'Islam et cessant de boire et de sortir avec des filles.

Sa radicalisation aurait continué après son retour du Moyen-Orient, et même après qu'il ait eu signé son engagement à garder la paix. Il a d'ailleurs été accusé d'en avoir brisé les conditions en mai. Selon les documents obtenus par La Presse, il continuait de regarder des vidéos de propagande et collectionnait les articles de journaux traitant de terrorisme. La plainte a malgré tout été retirée en novembre.

Les documents obtenus par La Presse

En mai 2015, des policiers de l'Équipe intégrée de la sécurité nationale de la GRC se sont présentés chez Merouane Ghalmi afin de s'assurer qu'il se conformait à ses conditions. Selon les agents, le jeune homme manquait à ses engagements. Ils ont donc déposé devant le tribunal une dénonciation en vue d'obtenir un mandat de perquisition. Le document raconte le départ de Ghalmi vers la Turquie et expose sa radicalisation. Les policiers ont aussi déposé à la cour une liste de ce qu'ils ont saisi chez le Montréalais. Le tout faisait jusqu'à aujourd'hui l'objet d'une ordonnance de non-publication, ordonnance qui a été levée.

Tous les détails dans La Presse+ de jeudi

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