Système carcéral: les Inuits victimes de «racisme systémique», dénonce Picard

Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations... (Photo Jacques Boissinot, Archives La Presse Canadienne)

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Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador

Photo Jacques Boissinot, Archives La Presse Canadienne

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(Québec) Les Inuits qui sont incarcérés au Québec sont victimes de « racisme systémique », a dénoncé hier le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard.

Le leader autochtone s'insurge contre le traitement des Inuits dans le système carcéral, dans la foulée d'un rapport accablant rendu la semaine dernière par la protectrice du citoyen Raymonde Saint-Germain.

« Quand on parle de racisme systémique, c'est la preuve, a indiqué M. Picard en marge d'une conférence de presse à Québec, hier. Pour moi, le gouvernement du Québec a vraiment des devoirs à faire. »

Dans un rapport rendu public jeudi, Mme Saint-Germain a révélé que les Inuits qui sont détenus dans des prisons du Nord québécois subissent des conditions pires que dans le tiers-monde.

Dans certains établissements, on entasse jusqu'à sept détenus dans une cellule de deux personnes. Les prisonniers dorment sur des matelas posés par terre, l'accès à l'eau est limité et les lieux ne sont pas nettoyés. Certains sont filmés alors qu'ils vont aux toilettes, une violation de leur droit à la dignité, selon la protectrice du citoyen.

M. Picard rappelle que le gouvernement du Québec et les dirigeants autochtones ont tenu un sommet important pour discuter de l'accès à la justice en 1992. Vingt-quatre ans plus tard, les problèmes persistent, dénonce-t-il. Et il lance la pierre au gouvernement du Québec, qualifié de « laxiste » dans le rapport de la protectrice du citoyen.

« Pour moi, l'intention est claire du côté du gouvernement du Québec, a-t-il dénoncé. Ils cherchent toujours à contourner la question avec un appui très clair de leur ministère de la Justice. »

La Société Makivik estime elle aussi que les Inuits qui ont affaire au système carcéral sont traités comme des « citoyens de second ordre ». Mais elle ne va pas jusqu'à dire qu'ils sont victimes de racisme.

L'avocat François Dorval, qui travaille au sein de l'organisme, estime que Québec doit s'attaquer au plus vite au problème soulevé par la protectrice du citoyen.

« Il doit y avoir une correction immédiate de la situation. Ce n'est pas acceptable de traiter comme cela des citoyens, quels qu'ils soient, dans un pays développé comme le nôtre. C'est totalement inacceptable. »

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a affirmé la semaine dernière qu'il faut s'attaquer aux « racines profondes » du problème afin d'empêcher que les Inuits soient surreprésentés dans le système carcéral.

Pour la Société Makivik, Québec devra maintenant agir en conséquence.

« Il y a des investissements qui vont être requis, des actions concrètes, a indiqué M. Dorval. On est rendus au-delà des bonnes intentions. »

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