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L'ex-patronne des procureurs anticorruption démissionne

Me Isabelle Briand, qui dirigeait encore cet automne... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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Me Isabelle Briand, qui dirigeait encore cet automne le Bureau de lutte à la corruption et à la malversation (BLCM), retourne à la pratique privée. Elle vient tout juste d'annoncer sa décision à son employeur.

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Nouveau coup dur pour le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP): l'ex-patronne des procureurs anticorruption québécois quitte la Couronne, deux mois après le départ de l'une de ses procureures-vedettes, a appris La Presse.

Me Isabelle Briand, qui dirigeait encore cet automne le Bureau de lutte à la corruption et à la malversation (BLCM), retourne à la pratique privée. Elle vient tout juste d'annoncer sa décision à son employeur.

C'est son équipe qui gérait les poursuites contre les ex-maires Gilles Vaillancourt et Michael Applebaum, ainsi que le dossier du Centre universitaire de santé McGill (CUSM). Ses procureurs étaient intégrés à l'Unité permanente anticorruption (UPAC), qui leur amenait des dossiers.

L'avocate travaillait pour la Couronne depuis bientôt une quinzaine d'années.

Le BLCM a toutefois été fusionné au sein d'un bureau unifié à la fin de septembre, avec le Bureau de lutte au crime organisé et le Bureau de lutte aux produits de la criminalité. La patronne de cette nouvelle entité, Josée Grandchamp, a été nommée le 1er décembre dernier.

Deuxième démission en deux mois

Jointe hier au téléphone, Me Briand a confirmé qu'elle avait «quitté les rangs du DPCP». Elle n'a pas voulu commenter davantage les raisons de son départ, expliquant qu'elle conservait un lien d'emploi avec la Couronne pour encore quelques semaines.

«Me Isabelle Briand a démissionné du DPCP le 14 décembre, a confirmé Jean-Pascal Boucher, porte-parole de l'organisation. Pour la suite des choses, on n'a pas davantage de commentaires à faire.»

Le départ de Me Briand a été précédé de celui de MMarie-Hélène Giroux, l'une des procureures anticorruption les plus en vue au sein du BLCM: elle menait les poursuites contre les acteurs du scandale du CUSM et contre Michael Applebaum. MGiroux a quitté ses fonctions à la fin d'octobre.

Selon nos informations, MChampoux et MBriand ne seraient pas les seules parmi l'ex-équipe de BLCM à avoir amorcé une réflexion sur leur avenir.

Des relations tendues

L'équipe d'Isabelle Briand s'était retrouvée sous les projecteurs l'automne dernier, après la publication par La Presse d'un article mettant en lumière la frustration de plusieurs policiers de l'UPAC devant la lenteur de l'analyse de leurs dossiers par les procureurs.

Une demi-douzaine d'enquêtes bouclées par les limiers anticorruption dormait alors sur les bureaux de procureurs de la Couronne sous la responsabilité de MBriand. Deux des dossiers touchaient le financement du Parti libéral du Québec, les autres concernaient le monde municipal ou les contrats publics.

En outre, une arrestation majeure annulée par le DPCP à la dernière minute avait fait monter l'insatisfaction d'un cran supplémentaire, le printemps dernier.

Par la suite, le DPCP avait tenu à «réaffirmer son indépendance».

«La poursuite a le fardeau de prouver hors de tout doute raisonnable les faits pertinents au soutien des accusations qu'elle dépose, avait plaidé l'organisation. Elle ne saurait bâcler son analyse juridique du fait de quelque pression que ce soit et au détriment de la présomption d'innocence.»

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