Un ex-détenu de Guantanamo soupçonne les Américains pour son arrestation

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Mourad Benchellali

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Collin Perkel
La Presse Canadienne

Un activiste français en matière de déradicalisation qui a déjà été emprisonné à Guantanamo Bay a dit mercredi qu'il soupçonnait les autorités américaines d'être derrière la décision du Canada de lui interdire son entrée au pays et de procéder à son arrestation. Il s'était alors retrouvé en prison pendant deux jours avant d'être expulsé vers la France.

De Lyon, Mourad Benchellali a dit à La Presse Canadienne qu'il ne comprenait toujours pas pourquoi les agents des services frontaliers l'avaient traité ainsi, la semaine dernière. Il a qualifié l'expérience de profondément déstabilisante.

Il a avancé l'hypothèse que les autorités américaines auraient mis de la pression sur le Canada pour l'envoyer en prison. Il a ajouté qu'il pensait être renvoyé aux États-Unis, ce dont il avait vraiment peur.

À son arrivée au pays, à l'Aéroport international de Toronto, le 2 novembre, M. Benchellali a appris, de la bouche d'un agent des services frontaliers, qu'un dossier à son sujet nécessitait une révision en profondeur.

Il a ensuite été interrogé sur sa présence à un camp d'entraînement du groupe terroriste Al-Qaïda en Afghanistan, il y a bientôt 15 ans.

Le citoyen français a écrit un ouvrage sur ses expériences au sein de ce camp, en 2001, et sa détention à Guantanamo Bay. Il s'est défendu en affirmant que son frère aîné l'avait emmené en Afghanistan pour ce qu'il pensait être une aventure de vacances.

Depuis sa libération de Guantanamo, en 2004, il s'implique dans la déradicalisation des jeunes, notamment en présentant des conférences sur les dangers de l'extrémisme et du djihad.

La réalisatrice canadienne Eileen Thalenberg avait invité Mourad Benchellali à venir passer cinq jours à Montréal pour un documentaire qu'elle produit pour la CBC. Il devait également présenter diverses conférences.

L'homme de 34 ans s'était pourtant assuré de ne pas être sur la liste des gens interdits de vol des autorités américaines. Air Transat avait malgré tout refusé qu'il embarque à bord d'un de ses vols, plus tôt cette année, à Montréal.

À son retour à l'aéroport, le 4 novembre, il a encore une fois été interrogé sur son passé en Afghanistan. Il avait contacté un avocat qui lui avait dit qu'il risquait d'être de nouveau incarcéré. Il a finalement été en mesure de quitter le pays en direction de l'Islande, puis de la France.

Malgré sa mauvaise expérience en sol canadien, il reconnaît que ce n'est pas la faute du peuple canadien et il dit souhaiter pouvoir revenir au pays.

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