Demande de recours collectif contre un prêtre pédophile

L'abbé Paul-André Harvey purge une peine de six... (PHOTO ROCKET LAVOIE, ARCHIVES LE QUOTIDIEN)

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L'abbé Paul-André Harvey purge une peine de six ans de prison pour une série d'agressions sexuelles commises sur 20 ans. Le Diocèse de Chicoutimi aurait eu connaissance de sa conduite, selon un groupe de victimes.

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Un groupe de victimes d'un prêtre pédophile au Saguenay, Paul-André Harvey, demande l'autorisation d'exercer un recours collectif de plusieurs millions de dollars contre l'ex-prêtre emprisonné et le Diocèse de Chicoutimi. La requête allègue notamment que le Diocèse de Chicoutimi aurait demandé au prêtre Harvey de «prier plus fort» lorsqu'il aurait eu connaissance des agressions sexuelles il y a plusieurs décennies.

L'abbé Paul-André Harvey, qui a travaillé au sein de l'Église catholique au Saguenay de 1962 à 2002, a plaidé coupable en juin dernier à 39 chefs d'accusation d'attentat à la pudeur et d'agression sexuelle sur des «jeunes filles généralement âgées entre 8 et 10 ans», indique la requête pour autorisation d'exercer un recours collectif déposée plus tôt cette semaine en Cour supérieure. Paul-André Harvey commence à purger une peine de six ans de prison pour ces gestes commis entre 1963 et 1983.

Le rôle du Diocèse

Le groupe de victimes, regroupées sous l'Association des jeunes victimes de l'Église, a demandé l'autorisation d'intenter un recours collectif contre l'ancien prêtre mais aussi contre le Diocèse de Chicoutimi, «responsable des fautes de ce dernier [...] à titre de commettant d'Harvey», selon la requête. Les victimes allèguent aussi que le Diocèse avait connaissance de la conduite du prêtre. «Bien que l'agresseur ait été dénoncé auprès des autorités ecclésiastiques, celles-ci n'ont rien fait pour protéger les jeunes victimes. Au contraire, l'Église a nié ce qu'elle savait être vrai et a, de manière répétée, donné à Harvey accès à de nouvelles victimes en le changeant de paroisse», écrit-on dans la requête déposée par les victimes, qui sont représentées par le cabinet d'avocats montréalais Trudel, Johnston&Lespérance.

Les allégations à l'égard du Diocèse de Chicoutimi n'ont pas été prouvées en cour. La Cour supérieure devra d'ailleurs statuer si elle autorise ou non la demande de recours collectif. Le Diocèse de Chicoutimi, qui a transmis la procédure judiciaire à son assureur en responsabilité, n'a pas voulu faire de commentaires, a indiqué son avocate Me Estelle Tremblay.

Selon le document déposé en cour, Paul-André Harvey a confirmé, par l'entremise de son avocat lors des plaidories sur la peine à imposer, «qu'il s'était lui-même adressé à plusieurs reprises à ses supérieurs au sein de l'Église pour les informer de sa déviance. Ses supérieurs diocésains lui auraient alors dit de "prier plus fort".» La requête fait aussi valoir qu'à «plusieurs reprises, des parents ont fait part de la situation au Diocèse».

Nombreuses victimes

La requête demande au Diocèse de Chicoutimi et à l'ancien prêtre des dommages compensatoires de 125 000$ par victime, ainsi que des dommages punitifs de 25 000$ à la fois au Diocèse et à l'ancien prêtre. Au procès criminel, il y avait 39 victimes, mais la requête civile déposée cette semaine fait état de «plusieurs centaines de victimes». À titre d'exemple, les 39 victimes du procès criminel auraient une compensation totale de 5,9 millions si un tribunal leur accordait chacune 125 000$ à titre de dommages compensatoires puis 25 000$ à titre de dommages punitifs de la part du Diocèse de Chicoutimi.

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