Un coroner recommande le port de caméras par les policiers

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Plusieurs départements de police américains ont mené des projets-pilotes où leurs agents étaient munis d'une caméra à la boutonnière.

Photo Rick Wilking, Reuters

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Dans la foulée d'une intervention qui a mal tourné, un coroner recommande le port de caméras individuelles par les policiers lorsqu'ils participent à des opérations.

Robert Hénault, 70 ans, est mort à l'été 2013, deux semaines après avoir été blessé par balle dans le cadre d'une opération policière visant à le maitriser.

Aujourd'hui, dans un rapport obtenu par La Presse, le coroner Paul G Dionne critique sévèrement le travail d'enquête des policiers sur cet événement et recommande que soit modifiée la définition de tâche du nouveau Bureau des enquêtes indépendantes, chargé d'enquêter sur les potentielles bavures policières.

Plus encore, il recommande au ministère de la Sécurité publique d'établir un protocole national pour l'emploi de caméra personnelle dans les interventions policières.

«Les rapports rédigés par les policiers du Service de police de la ville de Montréal contiennent très peu d'information sur les heures de l'intervention et encore moins sur chaque étape de l'intervention», a notamment constaté le coroner durant son enquête de plusieurs mois.

«Dans le décès de M. Hénault, je ne peux me faire une idée claire. Probablement qu'on a fait le mieux possible en cet après-midi du 26 juillet 2013. Mais peut-être qu'on aurait pu mieux faire? Le coroner déplore que l'intervention n'a pas été analysée par un groupe externe et que les discussions de la rétroaction interne ne sont (peut-être) pas connues de tous les policiers», lit-on dans le rapport.

«Dans les cas d'enquêtes indépendantes, le policier est jaloux des éléments qu'il enquêtera puisqu'il est dans un processus d'enquête criminelle. Il a peu intérêt à fouiller les éléments que le coroner a besoin. Ainsi dans ce cas, comme bien d'autres, le coroner tente d'obtenir des éléments du suivi de procédure ou d'autres détails qui auraient pu prévenir le décès. C'est pénible et pas limpide. Une enquête publique dans tous les cas de mort d'homme dans une intervention policière semble être la solution.»

Lorsque les agents sont arrivés à son modeste appartement en juillet 2013, M. Hénault était seul avec son chien. Il était perturbé, vers les 11 heures le matin du 26 juillet, à l'idée de retourner à l'hôpital et tentait de trouver quelqu'un pour s'occuper de son chien. Il avait en main un couteau. Il avait blessé son chien et s'était auto-infligé des blessures.

La tension a grimpé. L'homme a été atteint par balle à la jambe. Il est mort de complications de sa blessure.

Chronologie

26 juillet 2013, matin: Au téléphone, le médecin de monsieur Hénault lui demande de se présenter à l'hôpital le plus vite possible pour effectuer le suivi de sa condition pulmonaire. M. Hénault refuse de retourner à l'hôpital et tient des propos violents et suicidaires.

15h22: Le médecin avise les policiers du Service de police de Montréal de l'état de son patient.

15h29: Les policiers arrivent à l'appartement de l'homme. Sa porte est barrée. Le médecin mentionne que M. Hénault peut être dangereux pour lui ou pour autrui. Les policiers tentent de convaincre monsieur de retourner à l'hôpital. Il leur redemande de partir, sinon, dit-il, il s'enlèvera la vie.

16h24: Les policiers se préparent à défoncer. Deux policiers sont en position à la porte arrière. M. Hénault les voit et leur demande de ne pas entrer. Il menace de  s'enlever la vie. Les policiers en l'avant du logement sont informés de cette situation par communication radio. Ils défoncent la porte avant.

Dans le logement, M. Hénault est assis dans un fauteuil. Il a un couteau de cuisine dans les mains. Il saigne. Son chien est blessé. Les policiers lui demandent à plusieurs reprises de laisser tomber son couteau. Il se lève. Les policiers lui crient de lâcher le couteau. Les policiers qui sont à l'arrière entendent le mot couteau et entrent en défonçant la porte.

16h55: L'homme se dirige vers les policiers qui sont entrés par-derrière. Il est en aviron 4 pieds des agents lorsqu'un de ceux-ci fait feu en sa direction. Il est atteint à la jambe droite. Il tombe et lâche son couteau. Les ambulanciers sont sur place. L'homme leur demande « pourquoi ils ont fait ça? »

17h17: M. Hénault arrive à l'hôpital. Son état se dégrade. Il est amené en salle d'opération.

26, 28 et 31 juillet: Le septuagénaire a plusieurs chirurgies. Son état de santé se dégrade.

8 août: Robert Hénault meurt à l'hôpital.

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