L'étudiant détenu se tourne vers la Cour supérieure

Hamza Babou (au centre) fait face à 14... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

Hamza Babou (au centre) fait face à 14 chefs d'accusation, dont voies de fait, agression armée, méfait, menace et harcèlement criminel.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Passant de la parole aux actes, le jeune leader étudiant de l'UQAM détenu en attendant son procès, Hamza Babou, vient de se tourner vers la Cour supérieure pour demander sa libération.

Son avocate Me Véronique Robert a déposé une requête pour révision d'une ordonnance de détention ce lundi au palais de justice de Montréal. 

L'étudiant s'est vu refuser la remise en liberté au terme de son enquête sur cautionnement tenue devant la cour municipale de Montréal le 17 avril dernier. Il fait face à 14 chefs d'accusation de voies de fait, agression armée, méfait, menace, attroupement illégal et harcèlement criminel.

Le juge Denis Laberge a estimé que la libération du militant, figure de proue du mouvement étudiant de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), nuirait à la protection du public en plus de miner la confiance du public dans le système de justice.

Le magistrat avait alors reproché à Hamza Babou de ne pas avoir respecté l'injonction prononcée par la Cour supérieure, à la demande de l'UQAM, autorisant la tenue des cours.

Dans sa requête, Me Robert allègue que cette décision est «entachée de nombreuses et sérieuses erreurs de droit». Le juge Laberge a accordé «un poids démesuré au non respect d'une injonction par les étudiants grévistes», affirme l'avocate de défense. 

«De manière globale, la décision du juge Laberge est mal dirigée en droit en éludant complètement de sa réflexion le droit sacré à la présomption d'innocence, le droit fondamental à la remise en liberté assorti d'un cautionnement juste, et en faisant porter à l'accusé le fardeau de le convaincre que sa détention n'était pas nécessaire», peut-on lire dans la requête de 11 pages. 

Toujours selon l'avocate, le juge de la Cour municipale a confondu «l'opinion publique» avec le concept juridique de «public bien informé» décrit par les tribunaux. 

Au soutien de sa requête, l'avocate a reproduit des extraits de la décision du juge Laberge. «À lire les journaux et écouter les nouvelles, j'ai personnellement l'impression que l'opinion publique est un peu à bout avec cette histoire», a dit le magistrat au moment de rendre sa décision. «Vous êtes impliqué dans une croisade, là, en quelque sorte, de certains groupes, et il est difficile de prévoir quand est-ce que ça va arrêter», a également dit le magistrat. 

Tout cela fait dire à l'avocate que le juge Laberge «refuse la remise en liberté de l'accusé pour donner l'exemple (de manière à aider le service de sécurité de l'UQAM à faire respecter l'injonction)». 

Trois professeurs de l'UQAM ont écrit des lettres d'appui à l'étudiant incarcéré qui ont été jointes à la requête. Le jeune homme s'engage aussi à ne pas retourner à l'UQAM avant le trimestre d'automne «ou tant que le calme ne sera pas revenu sur le campus».  

L'accusé doit revenir en cour plus tard cette semaine pour la suite du processus judiciaire.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer