Un réfugié algérien s'entend à l'amiable avec le Canada

Un réfugié algérien qui a été envoyé aux États-Unis au lendemain des attentats... (Photo La Presse Canadienne)

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Jim Bronskill
La Presse Canadienne
OTTAWA

Un réfugié algérien qui a été envoyé aux États-Unis au lendemain des attentats du 11 septembre a finalement conclu un arrangement à l'amiable avec le gouvernement du Canada.

Benamar  se bat depuis plusieurs années pour recevoir une compensation pour avoir été détenu dans de mauvaises conditions durant près de cinq ans aux États-Unis, après y avoir été transféré par les autorités canadiennes. Il affirme avoir été maltraité et battu par des gardes durant sa détention.

Son avocat, Paul Champ, a déclaré que les termes de l'arrangement «mutuellement satisfaisant» demeuraient confidentiels. Quoi qu'il en soit, ceux-ci semblent mettre un terme à un chapitre méconnu de l'histoire des attaques du 11 septembre 2001 à New York et Washington.

Benamar Benatta a fait défection de l'armée algérienne au cours d'un entraînement en sol américain. Au début du mois de septembre 2001, il s'est rendu à la frontière canado-américaine de Fort Érié, en Ontario, où il a affirmé aux douaniers qu'il voulait présenter une demande de statut de réfugié.

Le lendemain des attaques du 11 septembre, les autorités canadiennes l'ont reconduit de l'autre côté de la frontière. Ils l'ont remis à des officiels américains pour que ceux-ci procèdent à une enquête. Deux mois plus tard, M. Benatta a été disculpé par le FBI de tout lien avec les terroristes. Il est toutefois demeuré détenu dans des prisons américaines durant près de cinq ans.

En 2006, il a été renvoyé au Canada, où il a obtenu le statut de réfugié au cours de l'année suivante. C'est à cette époque qu'il a déposé une poursuite contre le gouvernement fédéral, dénonçant des violations de la Charte canadienne des droits et libertés ainsi que de lois internationales.

Le gouvernement fédéral a déclaré avoir respecté la loi. Ottawa a soutenu que M. Benatta essayait de tenir le Canada responsable des méfaits américains allégués.

L'affaire devait être entendue par les tribunaux au cours d'un procès de quatre semaines censé s'ouvrir le 30 mars. Un arrangement à l'amiable a plutôt été conclu jeudi dernier.

Benamar Benatta, qui est aujourd'hui un citoyen canadien, a toujours des poursuites en cours aux États-Unis en lien avec la manière dont les officiels américains l'auraient traité.

L'homme souffre toujours de cette épreuve, mais se réjouit de voir l'affaire canadienne résolue, a déclaré lundi le bureau de son avocat.

«Les gens doivent comprendre la terrible injustice dont j'ai été victime. J'ai été étiqueté terroriste parce que je suis musulman et que j'ai servi dans l'armée de l'air. J'étais seulement à la mauvaise place au mauvais moment, et de la mauvaise origine ethnique», affirme Benamar Benatta dans un communiqué.

«C'est du profilage racial dans sa pire forme. Ces officiels canadiens ont ruiné ma vie sans hésiter et c'est très difficile à supporter», ajoute-t-il.

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