Port-Daniel: entente entre Ciment McInnis et deux groupes environnementaux

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L'emplacement de la construction de la cimenterie de Port-Daniel.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne

Même si l'entreprise Ciment McInnis s'est entendue avec deux groupes écologistes, Lafarge Canada a toujours l'intention d'aller de l'avant avec sa poursuite visant à faire invalider le certificat d'autorisation du projet de cimenterie à Port-Daniel-Gascons.

Ciment McInnis a annoncé lundi une entente avec le Centre québécois du droit de l'environnement (CQDE) en échange de la création d'un sous-comité environnemental. Un autre groupe écologiste, Environnement Vert-Plus, a aussi signifié son désistement de la poursuite

Les discussions de ce comité devraient tourner autour de l'émission des gaz à effet de serre de la cimenterie, le suivi de la conformité ainsi que la protection des mammifères marins.

«Le dossier a évolué parce que la construction se poursuit en Gaspésie, a expliqué la porte-parole de Ciment McInnis, Maryse Tremblay. Ça serait difficile d'envisager d'arriver avec une consultation du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).»

L'avocat du CQDE, Michel Bélanger, a pour sa part affirmé qu'il était préférable de se «tourner vers l'avenir» puisque la construction de ce projet de plus d'un milliard de dollars avait débuté.

«Le processus de médiation dans lequel Ciment McInnis s'est engagé permettra de faire des gains environnementaux plus importants que ce qu'on aurait pu espérer d'un jugement à ce stade avancé du projet», a-t-il souligné.

La cimenterie pourrait émettre 1,76 million de tonnes de GES si elle atteint sa production maximale de 2,2 millions de tonnes de ciment par année. Néanmoins, Mme Tremblay a rappelé à plusieurs reprises que Ciment McInnis désire réduire son empreinte environnementale.

Selon elle, la production d'une tonne de ciment aux installations de Port-Daniel-Gascons émettra 20 % moins de GES par rapport à la moyenne des autres cimenteries nord-américaines.

«Comparativement aux usines québécoises, qui sont un peu plus performantes, c'est entre 9 et 15 % de moins d'émissions», a ajouté Mme Tremblay.

La porte-parole de Ciment McInnis reconnaît toutefois que le projet pourrait représenter deux pour cent des émissions de GES du Québec une fois que la production aura débuté, à l'automne 2016.

En août dernier, le CQDE, Environnement Vert-Plus et la compagnie de ciment Lafarge Canada s'étaient adressés à la Cour supérieure du Québec afin de forcer Québec à soumettre le projet à une consultation par le BAPE.

La requête soutenait que le ministère de l'Environnement du Québec a excédé sa compétence en estimant que les certificats d'autorisation émis en 1995 pour le projet initial de cimenterie étaient suffisants.

Selon eux, le projet actuel n'a rien à voir avec le projet initial, qui ne prévoyait qu'une production d'un million de tonnes.

Ciment McInnis avait déposé son projet en mai 1995, soit un mois avant l'entrée en vigueur de la loi pouvant le soumettre à un examen du BAPE. Selon Québec, tout semble ainsi en règle pour que le dossier puisse aller de l'avant, presque 15 ans plus tard.

Une porte-parole de Lafarge Canada a de son côté confirmé que l'entreprise ne se laissera pas influencer par le désistement des deux groupes écologistes.

«On considère que ça ne change rien et que le gouvernement du Québec n'a pas respecté ses lois, a expliqué Karine Cousineau. Nous n'avons pas l'intention d'abandonner.»

Les procédures judiciaires doivent s'amorcer au cours de la première semaine du mois de mars, au palais de justice de Québec.

Lafarge Canada craint également que la production de Port-Daniel-Gascons ne se retrouve sur le marché québécois, où, selon l'entreprise, les cimenteries fonctionnent actuellement à 60 pour cent de leur capacité.

La construction de la cimenterie de Port-Daniel avait été annoncée par le gouvernement péquiste il y a un peu plus d'un an, quelques mois avant le déclenchement des dernières élections.

Après avoir semé le doute sur sa volonté d'aller de l'avant, le gouvernement Couillard avait décidé, en juin dernier, d'honorer la promesse du précédent gouvernement. Le projet - financé à près de la moitié par des deniers publics - doit créer 200 emplois.

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