Manitoba: les clichés osés d'une juge doivent lui être remis, selon son avocate

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Sheila Block, qui représente la juge en chef adjointe Lori Douglas, a déclaré durant une audience tenue à Winnipeg que les images devraient être retournées à Mme Douglas.

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Chinta Puxley
La Presse Canadienne

L'avocate d'une juge manitobaine, qui s'expose à un renvoi à cause de photographies postées sur Internet où elle apparaissait dans son plus simple appareil, a affirmé que les quelques magistrats chargés de décider du sort de sa cliente ne devraient pas être autorisés à voir les clichés.

Sheila Block, qui représente la juge en chef adjointe Lori Douglas, a déclaré durant une audience tenue à Winnipeg que les images devraient être retournées à Mme Douglas.

Me Block a soutenu que le dévoilement des photographies et leur admission comme preuves constitueraient des violations de la vie privée de sa cliente en plus de causer du tort à une victime innocente.

«Voudriez-vous que votre femme, votre fille, votre nièce soient soumises à un pareil traitement. Bien sûr que non (puisque) c'est inhumain», a-t-elle martelé.

Poursuivant sur sa lancée, l'avocate a ajouté que si ce scénario se concrétisait, ce serait «destructeur» pour Lori Douglas.

Elle a précisé que Mme Douglas n'a jamais consenti à ce que les clichés soient diffusés et elle a souligné que le fait de voir les images n'est pas absolument indispensable pour rendre une décision éclairée dans ce dossier.

Les photographies avaient été prises par le défunt mari de la juge en chef adjointe, Jack King, qui avait décidé de les mettre en ligne en 2003 et de les montrer à son client Alexander Chapman pour essayer de l'inciter à avoir des rapports sexuels avec sa femme.

À l'époque, les deux époux étaient avocats.

M. Chapman avait prétendu ultérieurement avoir été harcelé sexuellement par Me King.

Il avait finalement reçu une somme de 25 000 $ pour renoncer à porter plainte et pour détruire les clichés.

Cependant, il avait conservé des copies des images et les avait publiées en 2010.

Un comité disciplinaire du Conseil canadien de la magistrature a été chargé d'établir si l'existence des photographies mine le système judiciaire et si «elles sont intrinsèquement contraires à l'image et au concept d'intégrité».

Il doit aussi déterminer si Lori Douglas s'est gardée de dévoiler leur existence avant d'accéder à son poste au sein de la magistrature en 2005 et si elle a apporté des modifications à son journal personnel lorsqu'elle a découvert qu'une enquête avait été lancée à son sujet.

Sheila Block a fait valoir que l'affaire devrait être rejetée immédiatement car la tenue d'une autre audience ne ferait que traumatiser davantage une victime innocente.

Elle a même dressé une comparaison entre le cas de sa cliente et la situation de vedettes comme Jennifer Lawrence et Scarlett Johansson qui ont, récemment, vu certains de leurs clichés intimes être diffusés en ligne.

De son côté, l'avocate indépendante Suzanne Côté a indiqué qu'il existait suffisamment de preuves pour justifier au moins une audition de la preuve.

«Il est nécessaire d'écouter toutes les parties pour pouvoir prendre une décision», a-t-elle mentionné.

Elle a également noté qu'au plan comportemental, les magistrats doivent respecter de plus hauts standards que les simples citoyens.

Il ne s'agit pas simplement, selon Me Côté, de déterminer si la juge peut trancher indépendamment et impartialement, mais de voir si le public entretient cette perception à son endroit.

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