Deux libérations refusées pour un importateur de cocaïne

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Giuseppe Torre lors de son arrestation à Laval, en novembre 2006, dans le cadre de l'opération Colisée.

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Daniel Renaud
La Presse

En avril dernier, les commissaires aux libérations conditionnelles, qui ont écouté Giuseppe Torre, ont constaté quelques progrès et lui ont demandé de revenir les voir dans six mois. Mais hier, leurs attentes ont été déçues et ils ont refusé la semi-liberté à l'importateur de cocaïne de 43 ans pour la deuxième fois en six mois.

Plus transparent

Pourtant, Torre, qui purge une peine de neuf ans et quatre mois pour des complots d'importation à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau déjoués durant l'enquête antimafia Colisée, a assurément fait preuve d'une plus grande transparence. L'homme, dont la famille était déjà liée aux Cotroni durant les années 70 et 80, a pour la première fois hier admis avoir été membre du crime organisé traditionnel italien.

«Oui, j'ai fait partie du COTI. Je n'avais pas le choix si je voulais faire ça. Tu ne peux pas importer de la drogue et ne pas faire partie d'une organisation. Mon rôle était de sortir la drogue de l'aéroport. On me payait 5000$ le kilo. Je devais verser un pourcentage à l'organisation», a-t-il expliqué.

Il a admis que lui et son groupe, dont un coaccusé, Ray Kahno, ont ajouté, à l'insu de la mafia pour ne pas payer la taxe, 100 kg de cocaïne dans une cargaison de 218 kg saisie par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) en janvier 2005. «Ce n'était pas une bonne idée. J'aurais pu me faire descendre. Il y a eu une réunion pour régler la situation et l'entente était que je rembourse sur les importations futures, mais il n'y en a jamais eu d'autres», a ajouté Torre, qui assure ne pas avoir de dette envers la mafia.

La vérité sort

Très bien préparés, les commissaires Michel Lafrenière et Louis Renault ont cuisiné Torre sur des extraits d'écoute électronique de la GRC dans lesquels le détenu racontait à un tiers que l'arme qu'il portait était sortie de son manteau lorsqu'il s'est assis. Pressé de questions, le détenu a martelé n'avoir jamais été armé, avant de craquer.

«Oui, j'ai déjà été armé, mais je ne l'ai jamais dit, pour ne pas être accusé. C'était pour ma protection. C'est un monde violent. On ne sait jamais», a-t-il dit.

Torre s'est fait saisir sa maison, évaluée à 1 million, après Colisée. Il devait 150 000$ au fisc et a déclaré faillite en mai dernier.

«J'ai grandi là-dedans, mais je ne veux plus rien savoir de ça. La vie de gangster, c'est fini, je veux avoir une vie normale. J'ai tout perdu. La drogue est un fléau et un poison pour la société. J'espère que ça va arrêter un jour et que mes enfants ne tomberont jamais là-dedans», a déclaré Giuseppe Torre, qui souhaite travailler comme commis-boucher dans une épicerie une fois libéré.

De sérieux doutes

Mais les commissaires ne lui ont pas fait de quartier et lui ont notamment rappelé qu'il avait comploté pour importer de l'éphédrine, une drogue destinée aux jeunes. «La commission doute de vos réelles intentions», a conclu le commissaire Lafrenière en lui annonçant leur refus de l'envoyer en maison de transition.

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