Des journalistes de La Presse n'ont pas été écoutés, selon le chef de police

La déclaration du chef Pichet laisse croire que... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

La déclaration du chef Pichet laisse croire que le corps de police n'aurait pas utilisé le mandat d'écoute après l'avoir obtenu.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le directeur du Service de police de Montréal laisse entendre que les journalistes de La Presse Vincent Larouche et Patrick Lagacé n'ont pas fait l'objet d'écoute électronique dans le cadre d'une enquête interne menée par le corps de police.

«Le SPVM a bel et bien mis sous écoute ses policiers qui faisaient l'objet de l'enquête, mais aucune autre personne mis à part ces policiers n'a fait l'objet d'écoute électronique», écrit le chef Philippe Pichet dans un communiqué de presse intitulé : «Le SPVM dément les informations parues dans la Presse ce matin».

Malgré ce libellé, nulle part dans le court texte envoyé par courriel, le chef ne dément le fait que des mandats d'écoute électronique ont été demandés et obtenus pour les journalistes, ce que révélait La Presse ce matin.

Rappelons que La Presse a obtenu une déclaration sous serment signée par des policiers du SPVM et une autorisation judiciaire, des documents officiels, qui prouvent hors de tout doute que le corps de police a demandé l'autorisation d'écouter des journalistes de La Presse.

Leurs « communications privées pourront être interceptées », a écrit le juge Marc Bisson, de la Cour du Québec, dans un mandat d'écoute signé en mai dernier et valide pour 60 jours.

Rappelons que l'autorisation a été demandée par le SPVM dans le cadre d'une l'enquête sur des policiers arrêtés et accusés pour une affaire présumée de fabrication de preuve, l'été dernier. Le mandat a été autorisé le 27 mai 2016. On ignore si les deux journalistes de La Presse ont finalement été écoutés. Ils n'ont pas reçu un avis de 90 jours les prévenant qu'ils avaient été écoutés, comme le prévoit la loi.

La déclaration du chef Pichet, sans que ce dernier ne le dise en ces termes, laisse croire que le corps de police n'aurait pas utilisé le mandat d'écoute après l'avoir obtenu.

Projet Montréal réagit

La déclaration du directeur de police a suscité l'irritation chez Projet Montréal, le parti d'opposition officielle.

« Faire preuve de transparence, c'est transmettre toute l'information, même celle qui fait mal à son organisation ou à ses dirigeants. Quand on fait preuve de transparence, on ne change pas de version des faits tous les jours. Faire preuve de transparence, c'est être proactif plutôt qu'être en constante réaction», écrit le conseiller de Projet Montréal Alex Norris, aussi vice-président de la Commission sur la sécurité publique sur sa page Facebook, qui a réitéré sa demande que le chef Pichet se retire de ses fonctions «le temps que la lumière soit faite sur cette histoire».

Malgré plusieurs demandes d'entrevues, la réaction du maire Denis Coderre à ce dossier se fait toujours attendre.

***

La déclaration écrite intégrale du directeur du SPVM Philippe Pichet:

«Le SPVM dément les informations parues dans la Presse ce matin.

 Tout d'abord, soyez assurés que le SPVM a toujours pris au sérieux et respecté la liberté de Presse. Dans le cas qui est à l'origine du présent débat, je tiens à vous rappeler qu'il s'agit d'une enquête criminelle sur des policiers spécialistes en enquêtes dont 2 furent accusés de :

- Abus de confiance

- Fabrication de faux documents

- Entrave à la justice

- Parjure

Le SPVM a bel et bien mis sous écoute ses policiers qui faisaient l'objet de l'enquête, mais aucune autre personne mis à part ces policiers n'a fait l'objet d'écoute électronique.  Bien sûr, toute personne ayant communiqué avec les policiers concernés a pu être entendue dans les conversations. Nous avons pris des mesures supplémentaires de protection,  conformément aux enseignements de la cour suprême, dans l'éventualité que des journalistes communiquent avec les policiers concernés et celles-ci figurent dans l'autorisation judiciaire dument validée  par un mandataire du directeur des poursuites pénales et criminelles et autorisée par un juge de la cour du Québec.  

Ces  modalités restrictives tiennent compte du statut particulier des journalistes et de la liberté de presse.

De plus, dès lundi matin, nous ferons une demande écrite à la cour afin de devancer les procédures judiciaires sur la levée des scellés, prévues pour le 24 novembre prochain, afin de démontrer notre transparence.

Je tiens à dire haut et fort que nous avons agi en toute légalité et en proportionnalité des gestes et faits reprochés à nos policiers.

Philippe Pichet

Directeur, SPVM»

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer