L'ancien président du PLQ, Jean D'Amour, indifférent au sort de Normandeau

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Nathalie Normandeau au palais de justice de Québec, le 9 juin dernier

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
QUÉBEC

L'ancien président du Parti libéral du Québec (PLQ), Jean D'Amour, est «indifférent» au sort de l'ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau, alors qu'une de ses collègues du gouvernement Couillard dit plutôt que sa situation est «excessivement triste».

Des Gaspésiens recueillent des fonds pour défendre Normandeau en cour, elle qui est accusée de complot, corruption, fraude et abus de confiance à la suite de son arrestation par l'Unité permanente anticorruption (UPAC), en mars.

D'éminents libéraux de la Gaspésie disent être convaincus de l'innocence de Nathalie Normandeau et ils veulent amasser pas moins de 300 000 $ pour assurer sa défense. Elle a occupé des fonctions importantes, notamment comme ministre des Affaires municipales, ministre des Ressources naturelles et vice-première ministre du gouvernement Charest.

Jean D'Amour a été président du PLQ en 2007 et 2008, à l'époque du gouvernement Charest. Mais M. D'Amour, qui est maintenant ministre responsable de la Stratégie maritime et ministre responsable de la région du Bas-Saint-Laurent, a fait comprendre mercredi qu'il n'allait pas lever le petit doigt pour la défendre.

«Non, non, je n'ai pas contribué et je n'ai pas l'intention de contribuer (au fonds de défense de Normandeau)», a-t-il déclaré à l'entrée de la séance du conseil des ministres, mercredi matin.

Quant à savoir s'il comprenait que des gens veuillent la défendre, il a répondu: «Non, je suis indifférent à ça, cela regarde Mme Normandeau, cela regarde les gens qui contribuent. En ce qui me concerne, je n'ai pas l'intention de le faire.»

La ministre responsable des Aînés, Francine Charbonneau, a dit qu'elle allait laisser les gens de la Gaspésie «entourer» Nathalie Normandeau, mais a ajouté qu'elle n'était «pas du tout» indifférente à son malheur.

«On ne peut pas tomber dans l'indifférence quand un politicien est accusé, quand il doit passer à travers un processus aussi dur que celui-là», a-t-elle commenté à la sortie de la réunion du conseil des ministres.

«Un engagement politique qui se finit comme ça, c'est excessivement triste, et de juger avant la fin (du processus judiciaire), ce l'est tout autant», a-t-elle conclu.

Pour sa part, la ministre déléguée à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique, Lucie Charlebois, a affirmé qu'elle respectait le mouvement mis sur pied par les citoyens de la Gaspésie et qu'elle allait les laisser faire leur collecte de fonds, mais sans y participer, en invoquant sa position délicate de ministre.

«Je ne m'immiscerai pas dans les dossiers des autres», a-t-elle lancé.

Un ancien collègue de Mme Normandeau, le ministre des Resssources naturelles Pierre Arcand, a également affirmé qu'il n'allait pas contribuer, tandis qu'une autre ancienne collègue, la ministre du Tourisme Julie Boulet, a pour sa part refusé de répondre aux questions des journalistes.

Lundi, on apprenait qu'un groupe de Gaspésiens avait mis sur pied un fonds de défense pour Nathalie Normandeau, se donnant la mission de collecter les dons afin de l'aider dans ses démarches juridiques.

L'un des instigateurs du fonds de défense, Fabrice Bourque, a soutenu que Nathalie Normandeau était «une amie de tout le monde» en Gaspésie. M. Bourque, qui fut également son président d'association de circonscription pendant huit ans, a fait valoir que les maires, les préfets, les industriels et les militants avaient «fait appel à Nathalie (Normandeau) du temps qu'elle était ministre», et qu'ils ne pouvaient pas la «laisser tomber».

Mairesse de Maria de 1995 à 1998 et députée de Bonaventure durant plus de 12 ans, Nathalie Normandeau semble toujours bénéficier du soutien de sa Gaspésie natale, malgré les diverses accusations liées à la corruption pesant contre elle.

M. Bourque a indiqué vouloir amasser un minimum de 300 000 $ pour assurer une «défense pleine et entière» à Nathalie Normandeau. Il a dit avoir comme objectif de recueillir 150 000 $ d'ici novembre-décembre, et le reste au début de 2017.

Nathalie Normandeau a été arrêtée avec six autres personnes le 17 mars par l'UPAC. Trois anciens dirigeants du cabinet de génie-conseil Roche, Mario Martel, France Michaud et l'ex-ministre et organisateur libéral Marc-Yvan Côté, de même que l'ancien maire de Gaspé, François Roussy, l'ancien responsable du bureau de circonscription de Pauline Marois dans Charlevoix, Ernest Murray, et l'ex-directeur de cabinet de Mme Normandeau, Bruno Lortie, ont été pris dans ce même coup de filet.

Au moment des arrestations, le chef de l'UPAC, Robert Lafrenière, avait déclaré que les sept prévenus étaient soupçonnés d'avoir participé à «des stratagèmes criminels reliant à la fois des activités frauduleuses de financement politique et l'obtention indue de subventions gouvernementales ou de contrats publics».

Au palais de justice de Québec, les avocats des sept coaccusés ont demandé, mardi, la tenue d'une enquête préliminaire et un procès commun devant jury. Ils ont aussi fait savoir qu'ils allaient contester le renvoi en procès durant l'enquête préliminaire.

Les accusés reviendront en cour le 29 août pour une conférence préparatoire.

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