Les peines imposées aux pédophiles seraient plus sévères qu'avant

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Paola Loriggio
La Presse Canadienne

Les peines proposées pour l'homme au coeur du scandale des agressions sexuelles du Maple Leaf Gardens ont déçu et fâché certaines de ses victimes, mais au moins un expert estime qu'elles sont le signe d'une volonté grandissante de condamner les crimes sexuels commis contre les enfants.

L'avocat de Gordon Stuckless a recommandé que son client soit condamné à purger cinq ans en prison pour avoir agressé sexuellement 18 garçons sur une période couvrant plusieurs décennies, moins deux années pour le temps qu'il a déjà passé en détention à domicile et ses efforts pour prévenir toute rechute.

De son côté, la Couronne a réclamé que l'ancien enseignant et entraîneur bénévole reste 12 ans derrière les barreaux, soit le double de ce qu'une cour d'appel lui a donné en lien avec une affaire similaire il y a près de 20 ans.

Quelques victimes et leurs proches soutiennent que Stuckless mérite de finir sa vie en prison pour tout le mal qu'il a fait et dénoncent ce qu'ils voient comme le laxisme des lois canadiennes concernant les peines imposées aux pédophiles.

Nicholas Bala, un professeur de droit de l'Université Queen's, a expliqué que, si aucune peine ne pourra jamais effacer les traumatismes provoqués par les agressions sexuelles, le système de justice était tout de même de plus en plus sévère par rapport à ce type de crime.

Il a fait valoir que, dans le cas de Gordon Stuckless, la peine demandée par la défense aurait été considérée comme excessive il y a quelques décennies, ce qui était tout de même un signe encourageant.

«La Couronne réclame une peine beaucoup plus longue que la peine originelle et cela reflète, en partie, notre meilleure compréhension des effets dévastateurs que les agressions sexuelles subies durant l'enfance peuvent avoir sur les victimes et aussi notre plus grande volonté de dénoncer ce genre de comportement», a indiqué M. Bala.

«Historiquement, plusieurs de ces crimes n'étaient pas rapportés ni traduits efficacement en justice. Ils n'étaient pas pris très au sérieux, surtout si l'enfant ne présentait aucune blessure physique», a-t-il ajouté.

Stuckless a plaidé coupable à 100 chefs d'accusation et a été reconnu coupable de deux accusations supplémentaires pour avoir agressé sexuellement 18 garçons entre 1965 et 1987.

Il avait déjà plaidé coupable en 1997 à des accusations d'agressions sexuelles concernant 24 garçons commises lorsqu'il travaillait comme responsable de l'équipement au Maple Leaf Gardens de Toronto entre 1969 et 1988.

Dans ce dernier cas, il a été condamné à deux ans moins un jour d'emprisonnement, une sentence qui a plus tard été revue à la hausse pour atteindre six ans, moins un an pour la détention durant l'enquête préliminaire. Gordon Stuckless a obtenu sa libération conditionnelle en 2001 après avoir purgé les deux tiers de sa peine.

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