Meurtres à l'hôpital Notre-Dame: un autre portrait de l'accusé tracé

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Idelson Guerrier

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Avant d'aboutir dans la section psychiatrique de l'hôpital Notre-Dame, le 13 juin 2012, Idelson Guerrier était un fervent consommateur de drogue, n'était pas fidèle dans ses relations amoureuses, créait des problèmes chez son employeur (Olymel) et n'était pas des plus honnêtes, puisqu'il avait reçu de l'aide sociale pendant cinq ans tout en occupant divers boulots.

C'est le portrait que la procureure de la Couronne Geneviève Dagenais a tracé de l'accusé Guerrier, lundi, en le contre-interrogeant pendant toute la journée. Le procès devant jury de l'homme de 35 ans, sous des accusations de meurtres prémédités à l'endroit de deux patients et de tentatives de meurtre à l'endroit de deux patientes, se poursuivait lundi. Les quatre victimes alléguées étaient hospitalisées dans le même secteur que lui, à l'hôpital Notre-Dame. Les faits reprochés sont survenus entre le 16 et le 22 juin 2012.

Le procès d'Idelson Guerrier est sur les rails depuis le 14 janvier. La Couronne a fini de présenter sa preuve, qui va dans le sens d'une psychose induite par la consommation de drogue, au moment de son entrée à l'hôpital. C'est au tour de la défense de présenter la sienne. La semaine dernière, avant d'appeler ses premiers témoins, Me François Bérichon a annoncé qu'il entendait vraisemblablement présenter une défense d'article 16, c'est-à-dire de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux. Selon sa théorie, M. Guerrier souffrait d'un début de trouble schizophrénique au moment des faits, et la drogue n'a rien à y voir. Deux psychiatres viendront donner leur avis sur l'état de M. Guerrier.

Peur

Le frère et la soeur de l'accusé ont témoigné qu'il semblait complètement paranoïaque, la veille de son admission à l'hôpital. Il se sentait suivi et épié, et il avait peur.

Appelé lui-même à la barre, Idelson Guerrier a raconté qu'il ne se souvient absolument pas des crimes qu'on lui reproche. « J'ai jamais fait de tentative de meurtre », a-t-il dit. Il se souvient par contre qu'il entendait des voix, que cela avait commencé des mois avant son hospitalisation, et il a affirmé avoir vu des fantômes à quelques reprises. Il a admis avoir fumé quotidiennement du cannabis pendant 10 ans, mais soutient qu'il était en sevrage au moment de son hospitalisation.

Me Geneviève Dagenais met en doute les explications de M. Guerrier et laisse entendre qu'il a une mémoire sélective. « Vous vous souvenez des événements du 13 juin à l'hôpital, mais vous ne vous souvenez pas du 14 », a-t-elle lancé, avec suspicion. 

Elle l'a aussi abondamment questionné sur son travail et son attitude chez Olymel. Idelson Guerrier travaillait dans la section des cochons. Parfois, il grattait le poil des bêtes abattues, leur coupait la langue ou leur enlevait la panne (le gras) avec un fusil à air. Il admet qu'il allait fumer du cannabis pendant ses pauses, surtout quand il travaillait sur « la panne ». Il s'est querellé avec un autre employé, et on lui a reproché à l'occasion de ne pas être à l'heure à son poste sur la chaîne de travail. Il a écopé 10 jours de suspension en février 2012. C'est la seule suspension qu'il admet, même si Me Dagenais lui a présenté un document qui montre qu'il était sur le point d'être suspendu pour une plus longue période, en mai de la même année. M. Guerrier affirme qu'il n'a pas été suspendu, qu'il a plutôt donné sa démission. Il l'a fait le jour où il est entré à l'hôpital Notre-Dame, soit le 13 juin 2012. Il dit qu'il avait peur, et qu'il se sentait suivi. 

Idelson Guerrier répond avec assurance aux questions, mais ses réponses sont parfois déroutantes. Ainsi, il a dit avoir commencé à fumer au début de son adolescence, soit vers « 21 ou 22 ans ». Il a fini par dire que l'adolescence était vers 11-12 ou 13 ans. Son contre-interrogatoire se poursuit aujourd'hui.

Les victimes : 

Gaétan Sénécal, 69 ans, est mort le 16 juin 2012.

Claude Courtemanche, 77 ans, a été trouvé en arrêt cardiorespiratoire le 21 juin. Il est mort deux jours plus tard.

Eytyxia Tsidanoulis aurait pour sa part été attaquée le 16 juin.

Iolanda Bertocchi, 61 ans, aurait été attaquée par Idelson Guerrier le matin du 22 juin 2012. La police a été prévenue après cet incident.

La thèse de la Couronne est que M. Guerrier a étouffé les victimes avec une serviette. Il aurait tenté de faire la même chose avec les deux patientes, mais il a été surpris avant de réussir.

La thèse de la défense est qu'Idelson Guerrier souffrait d'un trouble schizophrénique.

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