Harkat craint la torture s'il est renvoyé en Algérie, dit Amnistie

Mohamed Harkat.... (La Presse Canadienne)

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Mohamed Harkat.

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Jim Bronskill
La Presse Canadienne

Amnistie internationale a affirmé, jeudi, que Mohamed Harkat risquait d'être gravement maltraité s'il était renvoyé dans son Algérie natale et a exhorté le gouvernement du premier ministre Justin Trudeau à interrompre le processus de déportation.

M. Harkat, un ancien livreur de pizza résidant à Ottawa, a été arrêté il y a 13 ans parce que les autorités le soupçonnaient d'être un agent dormant d'Al-Qaïda, une accusation qu'il dément.

Le fédéral a depuis tenté d'expulser le réfugié algérien en vertu d'un certificat de sécurité, une procédure de la loi sur l'immigration rarement utilisée permettant d'expulser du Canada de présumés terroristes ou espions ne possédant pas la citoyenneté canadienne.

L'homme âgé de 47 ans craint d'être torturé s'il est forcé de quitter le Canada.

«J'adore ce pays et je suis venu ici pour avoir une meilleure existence, a-t-il déclaré durant une conférence de presse, jeudi. Je veux retrouver ma vie.»

Selon Hilary Homes d'Amnistie internationale Canada, M. Harkat pourrait être jeté en prison à son retour en Algérie sans possibilité de communiquer avec ses proches, un avocat ou un médecin indépendant, ce qui est contraire au droit international en matière des droits de la personne.

Mme Homes a soutenu que les individus soupçonnés d'avoir des liens avec des organisations terroristes étaient souvent détenus par les forces de sécurité algériennes et coupés du monde extérieur, parfois pendant de longues périodes.

En outre, les tribunaux algériens acceptent encore les confessions obtenues sous la torture ou par la force, ce qui mène à la tenue de procès qui ne sont pas équitables, a-t-elle ajouté.

«Dans la loi comme dans la pratique, l'Algérie ne dispose pas de mécanismes efficaces pour protéger les personnes détenues de la torture ou des mauvais traitements et les forces de sécurité continuent à torturer ou à maltraiter les prisonniers en toute impunité», a fait valoir Hilary Homes durant la conférence de presse.

«Il est temps pour le Canada de prendre la bonne décision et de cesser d'essayer de déporter Mohamed Harkat.»

Les avocats de M. Harkat martèlent depuis longtemps que la procédure relative aux certificats de sécurité est injuste parce que la personne visée n'a jamais accès à l'ensemble de la preuve déposée contre elle.

La Cour suprême du Canada a maintenu le certificat contre Mohamed Harkat l'an dernier et le gouvernement a amorcé les démarches pour le déporter.

Amnistie craint que le fédéral ne se base sur les promesses du gouvernement algérien de garantir la sécurité de M. Harkat pour décider de le renvoyer ou non.

«Les promesses de gouvernements ne respectant pas les droits de la personne ne sont pas fiables et ne garantissent pas que l'individu concerné ne sera pas torturé ou maltraité», a conclu Mme Homes.

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