Le militant Mourad Benchellali a pu rentrer volontairement en France

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Colin Perkel
La Presse Canadienne
Toronto

Un militant français contre la radicalisation détenu à son arrivée au Canada pour des motifs de sécurité nationale a obtenu la permission de rentrer chez lui volontairement, selon ses partisans.

Mourad Benchellali a pris l'avion vers la France, tard mercredi soir, deux jours après que les autorités canadiennes ont refusé de le laisser entrer au pays pour y donner une série de conférences.

L'Agence des services frontaliers du Canada a refusé de commenté l'affaire. Selon l'avocat de M. Benchellali, l'agence avait d'abord refusé de permettre à son client de rentrer en France volontairement, le plaçant plutôt en détention dans une prison à sécurité maximale.

M. Benchellali, un homme de 34 ans de Lyon, est bien connu en Europe pour son travail après des jeunes musulmans, notamment, qu'il tente de convaincre de résister aux attraits de l'islam extrémiste et militant.

Il était venu au Canada à la demande d'une documentariste, et son traitement par les autorités canadiennes a provoqué la colère de ses admirateurs.

Eileen Thalenberg, la cinéaste qui avait organisé la visite, estime que les autorités ont ainsi envoyé «un message terrible».

M. Benchellali n'était pas disponible pour une entrevue, jeudi, mais Mme Thalenberg a indiqué qu'elle lui avait parlé à son arrivée à Paris, où plusieurs journalistes l'ont accueilli.

«Ça a fait toute une histoire en France», a-t-elle affirmé.

L'entreprise de Mme Thalenberg avait organisé une série de rencontres entre M. Benchellali et des jeunes à Montréal. Il devait également donner une conférence sur la déradicalisation devant des policiers et des experts antiterrorisme, mais s'est plutôt retrouvé en prison.

«Nous l'en avons fait sortir, au moins, mais il n'a pas pu faire le travail qu'il devait faire ici», a déploré Mme Thalenberg.

L'avocat de Mourad Benchellali, Hadayt Nazami, a qualifié la situation d'«absurde», étant donné que son client était venu au Canada pour «combattre le terrorisme».

Ses sympathisants ont dit que les autorités canadiennes avaient autorisé une visite de cinq jours et ne comprennent pas pourquoi les agents de l'immigration ont vu la situation différemment.

M. Benchellali s'était rendu pendant plusieurs mois en Afghanistan, en 2001, à la demande de son frère aîné. Croyant d'abord à des vacances d'aventure, il s'est rendu compte qu'il était tombé dans un camp d'entraînement d'Al-Qaïda, soutient-il aujourd'hui. Capturé alors qu'il tentait de quitter le pays après les attentats du 11 septembre 2001, M. Benchellali a été livré aux militaires américains, qui l'ont expédié à la prison de Guantanamo.

Les militaires américains l'ont ensuite remis aux autorités françaises en juillet 2004, et il a été condamné en 2007 pour association criminelle avec des terroristes; cette condamnation a toutefois été renversée en 2009. Selon son avocat, M. Benchellali s'est appliqué depuis à combattre la radicalisation des jeunes Français.

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