Val-d'Or: des caméras installées dans les autopatrouilles de la SQ

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Le projet-pilote pourrait être implanté ailleurs dans la province.

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Les allégations de voies de faits et d'agressions sexuelles par des policiers de Val-d'Or à l'endroit de femmes autochtones forcent la Sûreté du Québec à prendre le taureau par les cornes : toutes les autopatrouilles de ce poste seront bientôt équipées de caméras, une première au Québec. Ce projet-pilote, appuyé par le syndicat, pourrait même être étendu ailleurs au Québec.

La diffusion d'un reportage de l'émission Enquête révélant que des policiers en fonction auraient abusé sexuellement de femmes autochtones a eu l'effet d'une bombe jeudi dernier et a mené à la suspension de huit policiers du poste 144 de Val-D'Or. Ceux-ci ne sont toutefois pas visés par des allégations d'inconduites sexuelles, mais par des allégations de voies de fait et d'abus de pouvoir. 

Pour conserver un «lien de confiance adéquat» avec la population, la Sûreté du Québec prévoit ainsi installer des caméras véhiculaires sur les quelques dizaines d'autopatrouilles du poste. «C'est un geste de transparence, bien entendu. Pour moi, c'est important, ça apporte une certaine transparence et une sécurité pour tout le monde. [...] Le projet-pilote nous tient à coeur», a affirmé Martin Prud'homme, directeur général de la SQ, en entrevue à TVA. Il n'a pas précisé à quel moment les caméras seraient installées. Mais selon une source policière, elles seront déployées rapidement.

Le projet-pilote pourrait faire des petits ailleurs dans la province, a laissé entendre M. Prud'Homme. «On pense être capable de l'exporter, au fil du temps. Donc, je crois que Val-d'Or est un milieu idéal pour pouvoir mettre un projet-pilote comme ça en place.» Ce projet réjouit Pierre Veilleux, président de l'Association des policiers provinciaux du Québec (APPQ). «C'est sûr qu'il va falloir parler avec l'employeur sur les modalités d'utilisation et les limites d'utilisation», précise-t-il. 

Le syndicat est même favorable à l'installation de caméra corporelle sur l'uniforme de tous les policiers, une réforme présentement à l'étude par le ministère de la Justice. «Si j'avais le choix entre les deux, je prendrais la caméra corporelle, parce qu'avec la caméra véhiculaire, quand on sort du champ [de vision], on est perdu», explique-t-il.

Un deuxième projet-pilote changera aussi le travail des policiers de Val d'Or : ceux-ci devront dorénavant travailler avec des travailleurs sociaux.  «Une équipe supplémentaire de policiers sera formée et travaillera en compagnie des travailleurs sociaux. Eux aussi seront à l'emploi de la Sûreté. Le but de cette nouvelle équipe, c'est pour intervenir plus efficacement dans certaines situations», affirme le sergent Daniel Thibodeau, porte-parole de la SQ.

Tous les policiers malades

Aucun des policiers du poste 144 ne s'est rendu au travail en fin de semaine, dans la foulée de la suspension de leurs collègues, selon différents médias. Ils se seraient sentis abandonnés par leur employeur, et craindraient la suspicion de la population à leur égard. Le porte-parole de la Sûreté du Québec, Daniel Thibaudeau, a qualifié ces informations de « rumeurs ». Il n'est pas inhabituel que des agents malades soient remplacés par des collègues des postes avoisinants, a-t-il indiqué.

Le président de l'APPQ a affirmé à La Presse qu'une «majorité» de policiers ont «pris un petit temps de repos pour se remettre les idées en place».  Il ne s'agit en aucun cas d'une directive syndicale, maintient-il. «C'est très humain, les réactions des policiers. Je pense que moindrement que la population est raisonnable, et pas trop émotif, est capable de comprendre qu'un policier a besoin d'un brake pour recentrer ses affaires.»

Le député du Parti québécois, Pascal Bérubé, y voit la preuve que la ministre de la Sécurité publique Lise Thériault a mal géré le dossier. « C'est la pire des situations, a-t-il déploré. On tarde à agir suite aux plaintes de femmes autochtones et ensuite, on indispose l'ensemble des policiers. Donc les policiers sont laissés à eux-mêmes, les femmes autochtones sont laissées à elles-mêmes et la seule gestionnaire est dépassée par les événements. »  

Pour la Coalition avenir Québec, l'absence possible de plusieurs agents du poste de Val d'Or est une situation « inhabituelle » sur laquelle la ministre doit faire la lumière au plus vite. « C'est à la ministre de nous dire ce qu'elle compte faire pour assurer la sécurité des gens à Val d'Or, a indiqué la porte-parole de la CAQ, Émilie Toussaint. Est-ce que la Ville se trouve à ne plus avoir de policiers pour la protéger ? »

Furieux de la suspension de leurs collègues, des policiers de Val-d'Or ont fait circuler une pétition réclamant des excuses de la ministre de la Sécurité publique Lise Thériault. Celle-ci n'a montré aucun indice qu'elle comptait s'excuser. L'important, c'est de réitérer la confiance de la ministre envers les policiers, a indiqué sa porte-parole, Émilie Simard. Même vendredi, elle a dit que la présomption d'innocence est importante, mais surtout que 99,9% des policiers font très bien leur travail.

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