Des cloneurs de véhicules arrêtés

Ce burin servait à fabriquer de fausses plaques... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE)

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Ce burin servait à fabriquer de fausses plaques d'immatriculation destinées à des véhicules volés.

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La Sûreté du Québec a arrêté hier une trentaine de personnes soupçonnées d'être liées à une bande de receleurs qui aurait fait circuler sur les routes, les lacs et les sentiers québécois des dizaines de «clones» de véhicules en tous genres, le tout avec l'aide de complices chez des mandataires de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ).

L'opération, baptisée Projet Myope, a mobilisé 85 policiers dans les régions de Montréal, Lanaudière, Laurentides, Chaudière-Appalaches et Montérégie.

C'est une vague de vols de motoneiges à Mont-Laurier, à la fin de 2013, qui a d'abord alerté la SQ. En remontant discrètement la filière du matériel volé, les enquêteurs du coin ont vite constaté l'ampleur de l'affaire.

«On a vu des bateaux, des VTT, des roulottes, des remorques, des motomarines, des motoneiges, des voitures», raconte le lieutenant François Gaudet, responsable de l'opération au sein du Service des enquêtes sur les crimes économiques.

Pivot

Divers petits groupes de voleurs, principalement du nord de Montréal, mais aussi de la Rive-Sud, faisaient affaire avec l'organisation.

Pour pouvoir remettre les véhicules volés en circulation, la bande leur donnait une nouvelle identité, «clonée» à partir de celle d'un véhicule de modèle similaire qui avait le droit d'être en circulation.

De faux numéros de série étaient habilement appliqués par-dessus les anciens. Des reproductions très réalistes de permis d'embarcation ou de plaques d'immatriculation étaient fabriquées. 

Les faussaires poussaient le souci du détail jusqu'à y simuler des taches de rouille. Ils disposaient même d'un appareil capable de pirater le tableau de bord de motomarines ou motoneiges pour changer l'année de fabrication et le kilométrage, a constaté la police.

Les véhicules étaient ensuite immatriculés frauduleusement grâce à deux employés de mandataires de la SAAQ, Younes Toufik El-Hussein et Giovanni Vecchio. Le premier avait accès aux systèmes informatiques pour enregistrer un véhicule au nom d'un particulier. Le second, garagiste, pouvait délivrer un certificat d'inspection mécanique de complaisance.

Les véhicules étaient ensuite livrés à des acheteurs, déjà enregistrés à leur nom. La plupart des clients identifiés connaissaient une personne au sein de l'organisation criminelle, selon la police. Mais des acheteurs potentiels ont aussi été sollicités par l'entremise des sites de petites annonces en ligne.

La SQ rappelle aux citoyens d'être prudents quand ils achètent un véhicule d'occasion. «Quand les gens se font dire qu'on va leur livrer le véhicule déjà "plaqué" à leur nom, sans passer à la SAAQ, ils devraient allumer», souligne le lieutenant Gaudet.

Têtes dirigeantes

La police croit que deux têtes dirigeantes coordonnaient les activités de l'organisation: Steve Duquette, le responsable du maquillage, qui exploitait aussi une petite entreprise de production et de revente de cannabis, et Steven Thresh, qui organisait l'immatriculation frauduleuse.

Steven Thresh n'en est pas à ses premiers démêlés avec la justice. Il avait été condamné à trois ans de prison pour avoir posé une bombe chez une société pharmaceutique dans le cadre d'une tentative de manipulation boursière, en 1997. Le juge de son procès, Jean-Guy Boilard, avait décrété que Thresh était «insouciant, déséquilibré ou un peu bête» et qu'il avait une propension à se mettre dans le pétrin à répétition.

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