Meurtre de Jenique Dalcourt: «La rage remonte»

Depuis le soir du meurtre, Monique Dalcourt retourne... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Depuis le soir du meurtre, Monique Dalcourt retourne allumer des chandelles presque quotidiennement au lieu où sa fille Jenique a été tuée.

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Il y a bientôt un an que Jenique Dalcourt, 23 ans, a été tuée à coups de barre de métal près de la piste cyclable du Vieux-Longueuil. Mercredi, une plaque commémorative sera dévoilée près du lieu du crime, et une vigile à la chandelle aura lieu. Le meurtrier est toujours libre.

Les journées raccourcissent. La température chute. Les feuilles s'accumulent au sol.

Pour Monique Dalcourt, le retour de l'automne ravive la douleur du meurtre de sa fille, Jenique, battue à mort au soir du 21 octobre 2014, trois semaines avant l'anniversaire de ses 24 ans.

«Quand la date revient, ça te remet dans la position du début, dit Mme Dalcourt en entrevue. La rage remonte... les larmes... C'est difficile.»

Près d'un an après la mort de Jenique, tuée près de la piste cyclable du Vieux-Longueuil alors qu'elle rentrait à pied après le travail, Mme Dalcourt s'apprête à participer à une commémoration organisée par la Ville de Longueuil, de même qu'à une vigile à la chandelle. Les deux événements auront lieu mercredi, sur les lieux du crime, sur la piste cyclable près du chemin de Chambly.

En privé, Monique Dalcourt vit aussi un autre drame: ses traitements psychologiques, payés par l'Indemnisation des victimes d'actes criminels (IVAC), ont pris fin abruptement.

Les parents d'enfants assassinés ne sont pas considérés comme des «victimes» aux yeux de la loi québécoise et n'ont droit qu'à 30 séances de traitements psychologiques. Monique Dalcourt n'a pas l'argent pour continuer les traitements.

«C'est ridicule, dit-elle. Pas seulement pour moi, mais pour tous ceux qui ont perdu un enfant. La loi date de 1972 et n'est pas adaptée à ce que les familles peuvent vivre.»

L'avocat et ancien ministre de la Justice Marc Bellemare juge cette situation inutilement cruelle. «Un parent dont l'enfant a été assassiné, compte tenu du lien émotif, doit être considéré comme une victime, dit-il. Tout le monde comprend ça. Or, on traite ces parents-là comme pas grand-chose, finalement.» Me Bellemare a lancé une pétition avec Monique Dalcourt pour inciter le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à faire modifier la loi.

Le statut de victime donnerait droit aux parents d'enfants assassinés de recevoir des traitements pour une durée indéterminée, une compensation pour perte de revenus et possiblement une rente pour séquelles permanentes.

«100 % confiance»

Depuis le soir du meurtre, Monique Dalcourt retourne allumer des chandelles presque quotidiennement à l'endroit où sa fille a été tuée.

Mme Dalcourt dit avoir été en contact avec la police de Longueuil au cours de la dernière année. «J'ai 100 % confiance en leur travail. Même si ça fait un an, ils ne lâchent pas», dit-elle. Arrêté peu après le crime, un suspect de 26 ans avait vite été relâché sans être accusé.

Le Service de police de l'agglomération de Longueuil (SPAL) explique travailler sans relâche sur le dossier. «Nous devons malheureusement limiter nos commentaires pour l'instant, indique la porte-parole Mélanie Mercille. Nous pouvons cependant vous confirmer que le dossier est bien actif et que tous les moyens sont déployés afin de résoudre ce dossier de meurtre.»

Pour la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, le fait que le crime violent demeure impuni est bien sûr préoccupant pour la communauté. «Tout le monde a hâte que ça soit réglé, dit-elle en entrevue. L'enquête est toujours en cours, je ne peux pas en dire plus.»

À la Ville de Longueuil, le meurtre de Jenique Dalcourt a eu l'effet d'une bougie d'allumage pour l'enjeu de la sécurité des citoyens. Cette semaine, la Ville a lancé son tout premier plan d'action pour l'amélioration de la sécurité. Au moins 1,5 million de dollars iront à l'amélioration de l'éclairage, la signalisation, l'enlèvement plus rapide des graffitis et l'installation de numéros de géolocalisation sur des bancs et les lampadaires, qui permettront aux gens qui appellent le 911 d'être facilement trouvés par les autorités, même s'ils se trouvent dans des endroits isolés.

La mairesse St-Hilaire note que les citoyens de Longueuil «ne nous disent pas qu'ils ont peur d'être attaqués» dans les rues et les espaces publics de la ville.

Du même souffle, elle remarque que l'attaque brutale qui a coûté la vie à Jenique Dalcourt devra être élucidée pour que la paix revienne dans l'esprit des gens.

«Il y a une double facette, dit-elle. C'est un genre de crime que nous n'avons pas l'habitude de vivre à Longueuil. Et c'est un crime non réglé. C'est ce qui cause de l'insécurité.»

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