Un marchandage derrière le partage de certains contrats, croit l'UPAC

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L'UPAC a entre les mains le témoignage de l'homme d'affaires Elio Pagliarulo, ancien ami proche de Paolo Catania de Construction Frank Catania.

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Des adversaires de l'industrie de la construction à Montréal se seraient concertés afin de se partager les deux importants contrats du Faubourg Contrecoeur et des compteurs d'eau. C'est du moins l'hypothèse soulevée dans un document judiciaire qui a permis à l'Unité permanente anticorruption (UPAC) d'obtenir un mandat de perquisition.

En effet, l'UPAC a entre les mains le témoignage de l'homme d'affaires Elio Pagliarulo, ancien ami proche de Paolo Catania de Construction Frank Catania. Selon ce que relate la police dans ce document judiciaire qui a été rendu public mercredi dernier à la suite de démarches de différents médias, dont La Presse, M. Pagliarulo affirme qu'il y a eu entente entre concurrents. «Paolo Catania a confirmé à M. Pagliarulo le partage des contrats des compteurs d'eau et du Faubourg Contrecoeur», écrit l'UPAC.

Il est également indiqué que M. Catania a confié à son ami qu'il avait «des réunions privées avec Frank Zampino et d'autres "maires" en Floride et qu'il louait les chambres pour eux».

À cela s'ajoutent certains faits soulignés dans le document. Ainsi, les policiers rappellent que Catania avait formé un partenariat avec la firme de génie Groupe SM pour soumissionner le contrat des compteurs d'eau. Si Catania a perdu ce contrat, «il a obtenu, par contre, le contrat du Faubourg Contrecoeur».

Elio Pagliarulo a témoigné lors des audiences de la commission Charbonneau. Il avait raconté avoir été passé à tabac pour une dette qu'il avait à l'égard de M. Catania. Depuis, les relations entre les deux hommes se sont refroidies.

M. Pagliarulo avait également raconté que Frank Zampino se serait laissé corrompre par M. Catania. Ce dernier lui aurait versé 300 000$ pour la rénovation de sa cuisine. M. Zampino a nié catégoriquement ces allégations.

Contrats arrangés

Par ailleurs, une autre dénonciation policière mentionne que les hauts dirigeants des firmes de génie Tecsult - aujourd'hui intégrée à la firme américaine Aecom - et SNC-Lavalin ont reconnu avoir fait des soumissions de complaisance pour des contrats liés au dossier de l'eau.

Le projet mis de l'avant par la Ville de Montréal à compter de 2002, se divisait en trois chantiers: les mises à niveau des usines d'eau (MNU), le plan d'intervention (PI) - soit la réfection des réseaux d'aqueduc et d'égouts -, ainsi que les compteurs d'eau, un contrat identifié comme étant celui des ICI, c'est-à-dire l'installation et l'entretien de compteurs d'eau dans les Industries, les Commerces et les Institutions.

Tecsult a participé aux soumissions concernant chacun des mandats de services professionnels liés aux projets MNU, PI et ICI. Tecsult faisait alors partie d'un consortium nommé CGT, formé des firmes CIMA, Génivar et Tecsult. Quant à SNC-Lavalin, la firme travaillait en partenariat avec Dessau, alors connue sous le nom de Dessau-Soprin.

L'ancien vice-président de SNC-Lavalin, Yves Cadotte, et les dirigeants de Tecsult, Luc Benoît, Chantal Morasse et Pierre Asselin, ont déclaré que «les contrats MNU, PI et ICI en 2004 étaient arrangés d'avance et qu'ils ont fait des soumissions de complaisance», relate l'UPAC.

Le contrat de services professionnels pour les MNU a été remporté par SNC-Dessau pour la somme de 23,5 millions. Le consortium CGT a obtenu le mandat pour le PI (30,7 millions). Quant au contrat pour les ICI, il a atterri entre les mains de BPR qui a accompagné la Ville de Montréal dans le projet des compteurs d'eau.

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