Ontario: des travailleuses étrangères menacées d'agressions sexuelles

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Pour le Centre d'aide juridique pour les droits de la personne, ce cas démontre l'urgence de revoir les politiques et les mesures de protection pour les travailleurs étrangers temporaires.

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Diana Mehta
La Presse Canadienne
Toronto

Le Tribunal des droits de la personne de l'Ontario a accordé des dommages et intérêts totalisant plus de 200 000$ à deux travailleuses temporaires mexicaines dont l'employeur menaçait de les renvoyer dans leur pays si elles refusaient ses sollicitations sexuelles répétées.

Cette affaire illustre à quel point les travailleurs étrangers temporaires sont vulnérables à l'exploitation par des employeurs qui peuvent agir en toute impunité, estiment des syndicats et des organismes de défense des droits de la personne.

Une première plainte avait été déposée en avril 2009 par le syndicat des Travailleurs canadiens de l'auto - TCA, aujourd'hui Unifor - au nom de 39 employés de l'usine de transformation du poisson Presteve Foods, à Wheatley, près de Windsor, en Ontario. Après plusieurs procédures criminelles, seule la cause de deux soeurs mexicaines, qu'on ne peut identifier, était toujours examinée par le Tribunal des droits de la personne.

Les deux femmes ont soutenu que l'ancien propriétaire de l'entreprise, Jose Pratas, avait à plusieurs reprises menacé de les renvoyer au Mexique si elles refusaient ses avances sexuelles.

Dans son jugement, l'arbitre Mark Hart note que le Tribunal des droits de la personne de l'Ontario n'avait jamais vu jusqu'ici un cas aussi grave de harcèlement. Il rappelle qu'à titre de travailleuses étrangères temporaires, les deux femmes étaient dépendantes de leur employeur, et devaient vivre sous la menace permanente d'être renvoyées dans leur pays.

Le tribunal accorde 150 000 $ en dommages et 14 957$ en intérêts à la première victime, et 50 000$ plus 4658$ à l'autre.

L'avocat de Presteve Foods a précisé que les propriétaires actuels ne sont d'aucune façon liés à ces événements, survenus avant qu'ils n'achètent l'entreprise en 2010.

Le syndicat Unifor a salué la décision du tribunal. «En menottant des travailleurs à leur employeur, on crée un climat de vulnérabilité, et sans véritable surveillance, les abus sont inévitables», a indiqué l'avocat du syndicat, Niki Lundquist.

Pour le Centre d'aide juridique pour les droits de la personne, ce cas démontre l'urgence de revoir les politiques et les mesures de protection pour les travailleurs étrangers temporaires.

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