Charkaoui pourra reprendre ses cours à certaines conditions

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Adil Charkaoui

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La Presse

(Vincent Larouche) À quelques jours d'un nouvel affrontement en cour avec les services de renseignement canadiens, Adil Charkaoui a remporté hier une victoire qui ouvre la porte à la reprise de ses cours dans les locaux du Collège de Maisonneuve.

L'établissement avait suspendu son contrat de location avec l'école religieuse Les Compagnons d'Adil Charkaoui en raison de propos jugés dérangeants après avoir exploré son site internet.

La suspension était tombée le 26 février, jour de l'annonce de la disparition d'un groupe de Québécois qui auraient cherché à rejoindre des djihadistes en Syrie. Deux de ces jeunes ont participé aux activités d'Adil Charkaoui.

Le collège, qui est toujours lié par contrat avec l'école Les Compagnons jusqu'au 14 juin 2015, accepte maintenant la reprise des cours dans ses locaux pendant les week-ends jusqu'à cette date, à condition qu'on le laisse y dépêcher des observateurs arabophones qui surveilleront les enseignements.

Jeudi soir, l'établissement disait ne toujours pas avoir reçu de confirmation écrite d'Adil Charkaoui concernant l'acceptation de cette condition. M.Charkaoui n'a pas répondu aux nombreux appels de La Presse.

Sur son compte Facebook, il a toutefois parlé d'une «bonne nouvelle». «Les cours reprendront inch'Allah ce dimanche», a-t-il écrit.

Et après le 14 juin? «Il n'y a pas de renouvellement automatique du contrat. Ce sera une décision à prendre, de conclure un autre contrat ou pas», affirme Line Légaré, porte-parole du Collège de Maisonneuve.

Deux jours au tribunal

La semaine prochaine sera chargée pour Adil Charkaoui, qui sera entendu lundi et mardi prochains en Cour supérieure dans le cadre de sa poursuite contre le gouvernement canadien et le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).

M. Charkaoui réclame 26 millions en dommages pour emprisonnement injustifié et atteinte à sa réputation. Soupçonné d'être un terroriste entraîné dans les camps d'Al-Qaïda en Afghanistan, il avait été jeté en prison en 2003, puis forcé de porter un bracelet électronique de surveillance en vertu d'un certificat de sécurité signé par le ministre de l'Immigration de l'époque, Denis Coderre, et confirmé par les tribunaux. Il a toujours nié toutes ces allégations.

Lorsqu'un juge avait ordonné au SCRS de transmettre à Adil Charkaoui la preuve dont il avait besoin pour se défendre, en 2009, l'organisme avait préféré abandonner la partie afin de préserver la confidentialité de certaines informations. Il n'a toutefois jamais renié ses conclusions initiales et ne s'est pas rétracté.

L'audience de lundi et mardi se penchera sur une requête de M. Charkaoui visant à rejeter toute la défense du SCRS et du gouvernement canadien, qui prendrait des délais déraisonnables avant de lui transmettre certains documents dont il a besoin dans le cadre de sa poursuite.

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