La jalousie à l'origine du drame familial d'Edmonton

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Outre six membres de sa famille, Phu Lam a également tué Viet Nguyen, 41 ans, le nouveau concubin de son épouse, ont estimé les enquêteurs.

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Marc BRAIBANT
Agence France-Presse
MONTRÉAL

Violence conjugale et jalousie sont les détonateurs du massacre d'une famille d'origine vietnamienne à Edmonton en tout début de semaine qui a fait 9 morts, dont l'auteur présumé.

Sept personnes, dont deux jeunes enfants, ont été tuées par balle dimanche dernier dans une même maison - puis une autre femme de 37 ans le lendemain et qualifiée par la police «d'innocente victime dans tout cela» -, par Phu Lam, 53 ans, un mari jaloux et violent qui s'est suicidé mardi.

Dans sa maison du nord de la capitale de la riche province pétrolière de l'Alberta, Phu Lam a tué son épouse Tien Truong, 35 ans, qu'il avait rencontrée en 2000 au Vietnam. Il a également abattu le fils de celle-ci, Elvis 8 ans, ses beaux-parents tous les deux âgés de 55 ans, sa belle-soeur, 33 ans, et la petite fille de cette dernière âgée de 3 ans.

Au fil de son enquête, la police a détricoté les circonstances du drame. La jalousie est un des mobiles de ce crime. Outre ces six membres de sa famille, Phu Lam a également tué Viet Nguyen, 41 ans, le nouveau concubin de son épouse, ont estimé les enquêteurs.

Des zones d'ombre persistent. Pourquoi le meurtrier a-t-il épargné sa petite fille d'un an et un neveu de 8 mois qui étaient présents au moment du drame alors qu'il a tué les deux autres jeunes enfants sur place?

Vendredi, l'enquêteur Mark Neufeld a avancé que Phu Lam avait déposé lundi en milieu de matinée les deux jeunes enfants auprès d'un membre de sa famille. C'est cette personne qui a contacté la police un peu plus tard dans la soirée pour parler d'un homme dépressif et suicidaire.

De fait, après les huit meurtres, Phu Lam s'était suicidé mardi dans le restaurant vietnamien où il travaillait à l'entretien.

«Nous pensons que les meurtres ont été commis avant que M. Lam dépose les deux enfants», a expliqué Mark Neufeld en conférence de presse.

«Aussi, il y a de bonnes chances que ces deux très jeunes enfants étaient dans la maison» au moment du drame. «Pour une raison inconnue, ces deux enfants ont été épargnés», a-t-il poursuivi.

Pas le père biologique 

L'enquête doit aussi déterminer les raisons pour lesquelles Phu Lam est allé tuer Cyndi Duong lundi en fin de journée. Le seul lien apparent étant la relation amicale entre cette jeune femme, mariée et mère de trois enfants, et deux des femmes abattues précédemment. Les trois travaillaient dans la même entreprise.

Outre la jalousie, Phu Lam présentait un profil violent. Il était fiché depuis 1987 par la police d'Edmonton pour agression sexuelle et usage de stupéfiants. En 2012, selon une plainte déposée par son épouse, il avait menacé de l'exécuter ainsi que toute sa famille dont il avait parrainé l'immigration du Vietnam en 2009.

Selon les documents du tribunal, révélés samedi par la presse locale, Tien Truong accusait son mari de violences répétées depuis plusieurs années. Mais les menaces d'exécution de toute la famille avaient été proférées quand Phu Lam avait découvert, test génétique à l'appui, qu'il n'était pas le père biologique d'Elvis Pham.

Le petit garçon de 8 ans, «était un élève gentil et calme», selon ses professeurs de Bishop Greschuk, et «il sera terriblement regretté par ses copains», a indiqué l'école catholique d'Edmonton dans un communiqué.

L'importante communauté vietnamienne de la ville était sous le choc après ce drame qui compte pour un quart de tous les homicides enregistrés l'an dernier à Edmonton.

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