Les victimes d'agressions sexuelles méfiantes face au système de justice

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Jim Bronskill
La Presse Canadienne
OTTAWA

Les deux tiers des femmes victimes d'agression sexuelle qui ont répondu à un sondage détaillé ne font pas confiance au système judiciaire criminel, indique une nouvelle étude du gouvernement fédéral, mettant en lumière le besoin de meilleurs services de soutien.

Beaucoup des femmes ont dit ne pas avoir dénoncé à la police le crime dont elles ont été victimes en raison de leur confiance fragile envers le système de justice.

L'étude donne aussi un aperçu des expériences et des besoins des victimes, portées au grand public dans la foulée de l'affaire Jian Ghomeshi.

Les allégations d'agressions sexuelles contre l'ancien animateur radio de CBC Jian Ghomeshi et les accusations de harcèlement contre deux députés libéraux ont déclenché un raz-de-marée de discussions sur le traitement des victimes d'agressions et de violence sexuelles et les ressources qui leur sont offertes.

L'étude, qui a été complétée cette année par la chercheuse Melissa Lindsay, a été fournie par la division de recherche et statistiques du ministère de la Justice, en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Les conclusions sont tirées de 114 entrevues faites en 2009 avec des enfants et des adultes victimes de violence sexuelle dans trois villes non spécifiées de différentes provinces. Un questionnaire de 76 questions a été élaboré en collaboration avec trois centres de soutien des victimes.

Plus d'un tiers des victimes d'agression sexuelle l'ont dénoncée à la police ou ont demandé à quelqu'un de le faire.

Le plus souvent, leur raison de ne pas le dénoncer était la honte ou la gêne, la peur de l'agresseur ou le manque de confiance envers le système judiciaire.

«Alors que 53 % des participantes ont dit ne pas faire confiance à la police, les deux tiers ont dit ne pas faire confiance au processus de justice pénale et au système de justice criminel en général», dit l'étude.

Les filles et les femmes interviewées ont parlé des conséquences à long terme des attaques: dépression, problèmes à faire confiance et à s'engager en relation, anxiété, peur et stress.

«Le traumatisme est... absolument insupportable», a confié une des victimes aux chercheurs.

Les femmes ont décrit de quelles manières, positives (lire, écrire, faire de l'exercice) comme négatives (drogue, alcool, mutilation, tentatives de suicide), elles vivaient avec les effets du traumatisme.

Elles ont suggéré que les victimes soient informées sur les ressources disponibles et le système judiciaire, et sur le fait que les procès peuvent être de longue haleine. La meilleure façon de partager cette information est par le biais de programmes et de conseillers scolaires, pensent-elles.

Trois grandes sphères ont connu une amélioration : aider les survivantes à se sentir confortables et en sécurité, les informer sur la violence sexuelle et les recours judiciaires, et ajuster le système pour accélérer le traitement des dossiers et assurer un traitement plus équilibré des victimes et des suspects.

Les conservateurs ont présenté un projet de loi pour créer une charte de droits des victimes, visant à leur offrir plus d'information et une meilleure protection, ainsi que l'opportunité de participer davantage aux procès et à la détermination de la peine.

Quoi qu'il en soit, quelques défenseurs des victimes croient qu'une telle charte ne permettrait pas aux gens de recourir au système judiciaire si leurs droits n'étaient pas respectés.

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