Rage au volant: l'accusé invoquera l'agressivité de la victime

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Un épisode de rage au volant qui s'est conclu par la mort d'un des protagonistes, le 9 décembre 2010 à Montréal, est sur le point de connaître son aboutissement devant la justice. Alors que son procès pour meurtre non prémédité s'ouvrait mercredi à Montréal, Jeffrey Lindor, 28 ans, a fait savoir qu'il témoignerait pour sa défense. Il invoquera l'accident, de même que l'ivresse et l'agressivité de la victime, George De Castro.

Fait particulier, l'incident a été capté par une caméra vidéo installée sur un immeuble voisin, ce qui constitue maintenant l'élément-clé de la preuve, a noté mercredi le juge Réjean Paul.

L'incident s'est produit un peu avant 20 h, rue Laurier, près de la 18e Avenue. Sur la vidéo, qui a été présentée au jury mercredi, on voit deux voitures s'arrêter. Les conducteurs, Lindor dans une voiture blanche et De Castro dans une voiture noire, descendent, s'engueulent et se poussent. À un certain moment, Lindor remonte dans sa voiture et part rapidement en marche arrière pour fuir les lieux. De Castro pourchasse la voiture de Lindor en courant et semble parfois s'y cramponner. La voiture de Lindor finit par s'arrêter, repart vers l'avant, puis frappe M. Castro, qui vole dans les airs avant de tomber lourdement au milieu de la rue. L'homme de 42 est mort de ses blessures. Quant à Lindor, il a fui les lieux, mais est revenu un peu plus tard et a avoué que c'est lui qui avait frappé M. De Castro.

Les avocats des deux parties ont présenté leur théorie de la cause au jury, mercredi. La procureure de la Couronne Anne Aubé a expliqué que les deux hommes s'étaient d'abord livrés à une série de dépassements dans le quartier. Elle a fait valoir qu'après avoir frappé la victime, M. Lindor avait poursuivi sa route avec le pare-brise fracassé.

Me Clemente Monterosso, qui représente l'accusé, a résumé ainsi sa théorie: M. Lindor, employé de l'aéroport de Montréal, cherchait une place de stationnement près du domicile de sa conjointe. M. De Castro s'est retrouvé derrière M. Lindor, qui roulait lentement pour trouver une place, et a pensé que celui-ci le «niaisait.» Il y a eu altercation. Ensuite, M. Lindor est remonté dans sa voiture, est parti en marche arrière, mais M. De Castro, qui mesurait six pieds et pesait 180 livres, l'a pourchassé. M. Lindor a eu peur. Il y a eu un impact. Le pare-brise a été fracassé. L'avocat a ensuite raconté que des expertises ont démontré que la victime avait un taux d'alcoolémie deux fois plus élevé que la limite permise, et qu'il y avait aussi des traces de marijuana et de cocaïne dans son sang. «Cela a peut-être faussé son jugement», a lancé l'avocat, qui a aussi dévoilé les antécédents judiciaires de la victime - voie de fait, conduite avec les facultés affaiblies.

Dès après, la Couronne a commencé à faire défiler ses témoins. Le procès se poursuit jeudi.

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