Infanticide: la Cour suprême entend Cathie Gauthier

Le 24 octobre 2009, Cathie Gauthier a été... (Photo: Jeannot Lévesque, Archives Le Quotidien)

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Le 24 octobre 2009, Cathie Gauthier a été reconnue coupable du meurtre prémédité de ses trois enfants, Joëlle (12 ans), Marc-Ange (7 ans) et Louis-Philippe (4 ans), aux côtés de son conjoint, avec qui elle avait conclu un pacte de suicide.

Photo: Jeannot Lévesque, Archives Le Quotidien

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
Ottawa, Ontario

Cathie Gauthier, cette mère de famille de Saguenay condamnée pour le meurtre de ses trois enfants, doit maintenant patienter avant de savoir si la Cour suprême du Canada va renverser son verdict de culpabilité et lui accorder un nouveau procès.

Son avocat a plaidé devant le plus haut tribunal du pays jeudi matin, et la cause a été prise en délibéré.

Il s'agit de la dernière chance de Cathie Gauthier. Si la Cour refuse son appel, elle restera en prison jusqu'à la fin de sa peine.

Le drame familial s'est déroulé la veille du Jour de l'An 2009.

La preuve a démontré que tous les membres de la famille avaient alors bu des boissons contenant de fortes doses de médicaments. Ils sont tous morts, sauf la mère, malgré de graves blessures. C'est elle qui avait appelé le 9-1-1 pour obtenir de l'aide.

La Couronne a plaidé qu'il y avait eu un pacte de meurtre-suicide entre les conjoints. Les jurés ont retenu cette version des faits et l'ont condamnée à purger trois peines de prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

Il s'agissait d'une peine par enfant: Joëlle (12 ans), Marc-Ange (sept ans) et Louis-Philippe (quatre ans).

Mais devant la Cour suprême, Cathie Gauthier a soutenu, par l'entremise de son avocat, que le juge de première instance a commis une grave erreur dans ses directives aux jurés en ne leur disant pas de considérer la défense de l'«abandon» de l'acte criminel envisagé.

Car elle a témoigné à l'effet qu'elle avait changé d'idée, ne voulait plus aller de l'avant avec le pacte, et qu'elle avait signifié clairement à son conjoint son refus. Elle croyait qu'il avait compris et renoncé lui aussi.

Son avocat, Me René Duval, a fait valoir jeudi matin que tous les éléments de preuve pour soutenir cette défense avaient été présentés devant le jury: un changement d'intention et un avis non équivoque pour le démontrer. Dans ce cas, les paroles de Cathie Gauthier à son conjoint font preuve, en plus du fait qu'elle avait déchiré des documents reliés à ce supposé pacte, a expliqué l'avocat aux sept juges de la Cour suprême.

Pour la Couronne, le juge a bien instruit le jury et n'avait pas à lui dire de considérer cette défense de l'«abandon».

Cette défense serait d'ailleurs incompatible avec le témoignage de Mme Gauthier: celle-ci avait d'abord nié l'existence d'un pacte de meurtre-suicide.

Bref, puisqu'elle dit ne pas avoir eu l'intention de commettre un acte criminel, elle ne peut ensuite prétendre avoir abandonné son intention, a longuement expliqué Me Sonia Rouleau qui représentait la Couronne dans ce dossier.

«Invraisemblable et incompatible», a-t-elle ajouté, peu après sa plaidoirie. Selon elle, la preuve contre Cathie Gauthier était «accablante»

L'élément qui en dit le plus long sur le fait que Mme Gauthier n'avait pas changé d'idée est «lorsqu'elle a vu ses enfants qui avaient des symptômes évidents d'intoxication, elle n'a rien fait», a fait valoir Me Rouleau.

Elle était alors perdue et confuse, a rétorqué Me Duval. Elle avait aussi bu la boisson à laquelle les médicaments avaient été incorporés et avait perdu beaucoup de sang.

Pour lui, les deux défenses ne sont pas incompatibles car les «situations de fait ne sont pas incompatibles». Ainsi, si les jurés ne croient pas Mme Gauthier lorsqu'elle dit ne pas avoir conclu de pacte, c'est qu'ils ont conclu qu'il y en avait un. Dès lors, elle peut plaider avoir changé d'idée et ne pas avoir voulu le mettre en oeuvre.

Après l'audition en Cour suprême, Me Duval a dit être optimiste car «le droit est de son bord et les faits sont de son bord».

La Cour d'appel avait pourtant confirmé le verdict de culpabilité rendu par le jury.

La cause ayant été prise en délibéré, il pourrait s'écouler plusieurs mois avant qu'un jugement ne soit rendu.

 

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