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Emilio Cordileone, lié à la mafia, a été tué

Ce sont des policiers, qui patrouillaient dans le... (PHOTO SYLVAIN RYAN, COLLABORATION SPÉCIALE)

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Ce sont des policiers, qui patrouillaient dans le secteur, qui ont fait la macabre découverte.

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L'hécatombe continue au sein de la mafia montréalaise. L'homme trouvé mort vers 9h30 dans un luxueux VUS garé en bordure de la rue Sauriol, dans le quartier Ahuntsic, est Emilio Cordileone, 50 ans, a appris La Presse.

Selon nos informations, l'homme avait été vu pour la dernière fois jeudi dernier, dans la Petite-Italie. Cordileone est connu des policiers et est lié à la mafia italienne. En revanche, il n'a pas d'antécédents judiciaires, si ce n'est une infraction à la Loi sur le revenu à laquelle il a été condamné à 250$ en 1988.

Selon nos sources, l'homme, qui possédait des commerces dont des restaurants, aurait trempé dans le trafic de stupéfiants.

«La victime a des blessures importantes. On parle de marques de violence dans le haut du corps», a indiqué le porte-parole de la police de Montréal, Dany Richer.

Selon nos informations, le corps de la victime reposait à l'arrière du véhicule. Celui-ci était considéré comme «d'intérêt» par le SPVM depuis le signalement de la disparition de la victime, jeudi. Ce sont des policiers, qui patrouillaient dans le secteur, qui ont fait la macabre découverte.

Les policiers ne doivent écarter aucune hypothèse, allant du simple règlement de compte à un crime qui se situe davantage dans la lutte de pouvoir qui secoue la mafia depuis trois ans ou la vengeance.

Un passé trouble

Emilio est l'oncle de Mark Cordileone, qui est propriétaire et administrateur du bar QV's au 6075 rue Bélanger à Saint-Léonard. Cet endroit, qui était considéré par les enquêteurs de l'opération anti-mafia Colisée comme un lieu contrôlé par le caïd Giuseppe DeVito, a été le théâtre d'un meurtre à la fin du mois d'août dernier. Des tireurs cagoulés y avaient fait irruption et avaient blessé deux personnes. Ben Zaid Moez Ben Ali avait rendu l'âme quelques jours plus tard, alors que Marco Lafratta, un administrateur du café, avait survécu malgré deux balles reçues à l'abdomen et une au bras. Une lutte de territoire pour le trafic de stupéfiants pourrait être le mobile du crime.

En février 2005, le père d'Emilio Cordileone, Domenico, avait été enlevé durant au moins une semaine, vraisemblablement pour une affaire de dette de drogue. Ce dernier aurait notamment fait des affaires avec un individu d'origine colombienne devenu plus tard un des dirigeants du cartel de Cali. Les deux hommes ont habité à proximité à LaPlaine, au nord de Montréal.

Cordileone père est originaire de la région de Campobasso, en Italie. Il est également propriétaire d'un populaire restaurant sur la rue Saint-Laurent qui était en vente récemment. Selon nos informations, il était très proche de l'influent Calabrais Moreno Gallo expulsé du Canada pour grande criminalité il y a près d'un an.

En 2006, Emilio Cordileone faisait partie d'un groupe d'administrateurs de sociétés poursuivies par l'Autorité des marchés financiers pour avoir détourné à leur profit les placements d'épargnants. L'affaire avait fait couler beaucoup d'encre, les principaux défendeurs dans cette affaire où 1,7 millions de dollars étaient réclamés étaient le Groupe financier IONIAN et son principal dirigeant, Efstratios Gavriil. Cordileone avait réglé l'affaire hors cours avec les poursuivants, il est donc impossible de savoir quelle était la nature de son implication dans l'affaire.

Dans un document de cour, M. Gavriil a accusé Emilio Cordileone de lui avoir extorqué d'importantes sommes et d?avoir servi de relais avec Vito Rizzuto, selon un article de la Gazette datant de 2004.

En 1994, La Presse relatait que le frère d'Emilio, Dino Cordileone, avait écopé 23 mois de prison pour avoir organisé un attentat à la bombe contre une usine qui concurrençait des amis de Saint-Léonard, en échange de 15 000$. Domenico, alors âgé de 55 ans, était alors décrit comme un fidèle associé de Frank Cotroni, chef du clan calabrais.

Tensions extrêmes

Le meurtre d'Emilio Cordeleone n'est que le dernier d'une longue suite d'assassinats liés au crime organisé italien à survenir au cours des dernières années dans les rues de la métropole. La fréquence de ces événements semble s?être accélérée depuis le retour au pays de Vito Rizzuto, parrain présumé de la mafia montréalaise.

Il y a à peine un mois, l'un des membres les plus influents de la pègre a été exécuté dans le stationnement de sa résidence de Blainville. Joe di Maulo, 70 ans, était considéré comme un conseiller et un médiateur des dirigeants du clan sicilien.  Il était aussi le beau-frère du caïd Raynald Desjardins, accusé d'avoir tué le mafieux Salvatore Montagna, en novembre 2011, à Charlemagne. Desjardins avait lui-même été victime d'une tentative de meurtre deux mois auparavant.

Mi-novembre, un proche de la mafia italienne nommé Mohamed Awada, 47 ans, a été abattu près de sa résidence de Montréal-Nord.

Le meurtre d'Emilio Cordileone est le 33e à être commis cette année à Montréal.

-Avec Philippe Teisceira-Lessard

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