Une policière du SPVM au banc des accusés

La policière Nancy Lauzon (au centre) au palais... (PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE)

Agrandir

La policière Nancy Lauzon (au centre) au palais de justice.

PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE

Partager

Daniel Renaud
La Presse

C'est dans une ambiance lourde et émotive qu'a débuté hier au palais de justice de Montréal le procès de Nancy Lauzon, policière du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) accusée d'avoir utilisé frauduleusement un ordinateur du service.

Mme Lauzon, 33 ans, a été arrêtée en février 2009, au lendemain de l'opération Axe au cours de laquelle ses collègues ont démantelé un réseau de trafiquants de stupéfiants composé notamment des frères Lavertue, des frères Zéphir et des Syndicates, un gang de rue à la solde des Hells Angels.

Les actes reprochés se sont produits le 12 octobre 2007, sur l'heure du dîner, au poste de quartier (PDQ) 15. Alors que sa coéquipière, Nathalie Thibault, était en congé, Nancy Lauzon a utilisé le mot de passe de cette dernière pour interroger la Centrale de renseignement policier du Québec (CRPQ) au sujet d'une plaque d'immatriculation qu'un individu venait de lui donner au téléphone. Le hic pour la policière, c'est que la plaque appartenait à un véhicule de filature du SPVM dont les occupants étaient en pleine action dans le sud-ouest de Montréal.

Une ordonnance de non-publication nous empêche de dévoiler les détails de l'opération de filature, mais la procureure de la Couronne, Me Marjorie Delagrave, a précisé dans sa déclaration d'ouverture que le père de la policière, Fernand Lauzon, a été arrêté lors de l'opération Axe. Son procès doit débuter en janvier.

Alerte instantanée

Il n'a fallu que quelques minutes pour que la direction de la police sache que la plaque d'un véhicule de filature avait été contrôlée à partir d'un ordinateur le 12 octobre 2007. Les policiers fileurs se sont aussitôt rendus au PDQ 15.

«Nancy Lauzon a dit que c'est elle qui avait enquêté la plaque. Elle était craintive et n'avait pas une attitude normale de collègue de travail. Elle a dit: «C'est ma mère qui m'a appelée, car elle a vu un véhicule rôder dans le secteur et elle était inquiète»», a dit hier le sergent détective Martin Vinet, selon qui leur véhicule de filature n'a jamais circulé près de la maison familiale des Lauzon.

L'ancienne coéquipière de l'accusée, Nathalie Thibault, a raconté avoir déjà donné son mot de passe à Nancy Lauzon lors de patrouilles, «dans le feu de l'action». Elle a déclaré que les deux femmes étaient des amies, mais qu'elles ne se parlent plus. «C'était devenu trop lourd à supporter», a dit la policière, en fondant en larmes.

Le procès devrait durer toute la semaine. Nancy Lauzon est suspendue sans solde depuis son arrestation.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

la boite:1600127:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer