Yalda Machouf Kadhir: une militante masquée et impliquée

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Questionné au terme de l'audience de sa fille, lundi, Amir Khadir l'a qualifiée de «femme forte», et a assuré qu'il la soutient. Selon lui, «elle n'a jamais rien fait contre l'intérêt des Québécois, contrairement au gouvernement libéral, qui a recours à la mafia pour se financer».

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Le gouvernement de Jean Charest a décidé d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans, une hausse décriée par des dizaines de milliers d'étudiants. »

Yalda Machouf Khadir est une leader dans le mouvement radical étudiant. Vêtue de noir, le visage masqué, elle a participé aux manifestations qui ont tourné en saccages à l'Université de Montréal, au cégep du Vieux-Montréal, ainsi qu'au bureau de l'ex-ministre de l'Éducation Line Beauchamp, plus tôt au printemps. Ses empreintes ont été relevées sur une porte qui a été forcée dans le bureau de Mme Beauchamp.

C'est notamment ce qui ressort de l'enquête sous cautionnement de Mme Khadir, qui s'est tenue lundi après-midi à Montréal. Après cinq jours de détention, la jeune femme de 19 ans est entrée dans le box avec le sourire. Son père, le député Amir Khadir, sa mère, l'épidémiologiste Nima Machouf, ainsi que plusieurs supporteurs arborant le carré rouge ont assisté à l'audience, qui se tenait devant la juge Hélène Morin. Celle-ci annoncera mardi matin si la jeune Kadhir, de même qu'un autre manifestant actif, Zachary Daoust, retrouveront leur liberté.

Le jeune homme, sans emploi depuis juin 2011, n'avait pas les 1000$ nécessaires pour assurer son cautionnement. À ce moment, Yalda s'est agitée dans le box des accusés, souhaitant manifestement s'adresser à quelqu'un dans la salle. Son père, Amir Kadhir, a fait un signe au procureur de la défense, Me Denis Poitras, pour dire qu'il allait payer les 1000$.

Documentation

Yalda Machouf Khadir est détenue depuis son arrestation, le 7 juin. Les policiers se sont pointés tôt le matin au domicile de la rue Saint-Hubert où elle vit avec ses parents. Un enquêteur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a parlé des différents objets qui ont été trouvés sur les lieux, notamment de la documentation sur la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC). Selon le policier, lorsque la CLAC participe à une manifestation, «ça se finit toujours en arrestations».

Les enquêteurs ont aussi trouvé des textes sur les techniques de «sabotage et d'occupation», sur la fabrication de bombes de peinture, de même que des notes manuscrites en préparation d'une rencontre à la station de métro Mont-Royal. Sur la table de la cuisine, il y avait des illustrations arborant le signe de l'anarchie - la banane anarchiste et un «policier à quatre pattes devant l'anarchie».

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Yalda Machouf Khadir

Photo: PC

Cette énumération a suscité des moqueries dans l'assistance, ce qui a fait bondir la juge, qui avait averti dès le début de l'audience qu'il faudrait respecter le décorum. «Je le dis pour la deuxième fois, mais je ne le dirai pas trois fois», a-t-elle lancé d'un ton ferme avant de menacer de garder seulement les familles des accusés et les médias dans la salle s'il y avait d'autres pitreries. Les supporteurs se sont tenus cois par la suite.

La jeune Khadir fait face à 11 accusations, incluant introduction par effraction, complot, méfait de plus et de moins de 5000$, déguisement pour commettre un crime, voie de fait sur un policier, ainsi que sur une photographe du Journal de Montréal.

Les événements reprochés seraient survenus le 12 avril à l'Université de Montréal (50 000$ de dommages) et le 13 avril au bureau de la ministre Line Beauchamp (15 000$ de dommages); quant à la voie de fait contre la photographe de presse, elle aurait eu lieu le 22 mai. Mme Khadir est par ailleurs déjà accusée en lien avec l'occupation illégale du cégep du Vieux-Montréal, en février dernier.

La procureure de la Couronne, Amélie Rivard, a fait valoir que le parcours de Mme Khadir est «inquiétant». Elle a expliqué que même si Mme Khadir n'a pas jeté la peinture elle-même sur le mobilier ou volé de l'argent dans le bureau de la ministre, il s'agissait d'une «intention commune».

Me Poitras a pour sa part fait ressortir que la jeune femme, élève au cégep du Vieux-Montréal, travaille pour sa mère à la clinique L'Actuel. Elle fait de la saisie de données, à raison de quatre jours par semaine. Elle est prête à respecter les conditions que la cour lui imposera, incluant un couvre-feu.

Une femme forte

Questionné au terme de l'audience, Amir Khadir a qualifié sa fille de «femme forte», et a assuré qu'il la soutient. Selon lui, «elle n'a jamais rien fait contre l'intérêt des Québécois, contrairement au gouvernement libéral, qui a recours à la mafia pour se financer».

La grand-mère maternelle de la jeune accusée, Ellahél Machouf, était aussi sur place avec un bouquet de fleurs. Elle considère que les étudiants sont «très justifiés» dans leur combat. Elle croit que sa «petite-fille et tous ces enfants-là sont innocents».

Elle voit les manifestants comme «des enfants qui lancent des cailloux».

«On matraque parce qu'ils lancent des cailloux, comme en Israël», s'est-elle emportée. Pour elle, c'est normal de s'habiller en noir quand on est «en deuil de la liberté». Elle n'est pas pour la burqa, mais comprend que les manifestants se masquent pour «se cacher des journalistes qui donnent leurs photos à la police».

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