Guy Turcotte: sortir ou rester à l'Institut Phillippe-Pinel?

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Le cardiologue Guy Turcotte a été déclaré non criminellement responsable de la mort de ses enfants, Olivier, cinq ans, et Anne-Sophie, trois ans. »

Des membres de groupes Facebook en soutien à... (Photo: Hugo-Sebastien Aubert, La Presse)

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Des membres de groupes Facebook en soutien à Isabelle Gaston et contre le verdict du procès de Guy Turcotte manifestent devant l'institut Philippe-Pinel à Montréal.

Photo: Hugo-Sebastien Aubert, La Presse

 

Christiane Desjardins
La Presse

Où est la colère de Guy Turcotte? Est-elle ravalée? Habilement camouflée? Est-elle tapie au fond de lui à son insu, prête à exploser à la première grosse contrariété? Ou est-elle inexistante?

La colère de l'homme qui a poignardé à mort ses deux enfants en février 2009, dans un contexte de séparation, a été au centre des débats pendant l'audience de la Commission d'examen des troubles mentaux. Vendredi, elle a eu la part belle aussi, lors des plaidoiries qui ont clos l'exercice. En juillet dernier, au terme de son procès, l'ex-cardiologue a été déclaré criminellement non responsable des meurtres d'Olivier, 5 ans, et d'Anne-Sophie, 3 ans, en raison de troubles mentaux. La Commission doit maintenant décider si M. Turcotte peut retourner vivre dans la société ou s'il doit rester à l'Institut Phillippe-Pinel. Le facteur incontournable pour trancher la question est le risque qu'il peut représenter pour la société.

Le chaînon manquant

Pour l'Institut Philippe-Pinel et le Procureur général, le débordement de violence de M. Turcotte qui a tué ses enfants de 46 coups de couteau, demande des éclaircissements. Car sa maladie au moment des faits, trouble d'adaptation avec humeur dépressive, n'explique pas tout. La colère, la rage, c'est ça le chaînon manquant, aux yeux du psychiatre traitant, Pierre Rochette. Or, M. Turcotte ne veut pas l'admettre. Ce qui fait dire à l'avocate de l'Institut, Me Suzanne Courchesne, que M. Turcotte doit rester interné, car il est au point zéro de son traitement. Et puis, il faut être prudent devant l'apparente normalité de M. Turcotte. Dans les heures précédant le drame, le 20 février 2009, M. Turcotte paraissait, là aussi, tout à fait normal.

Homme nouveau

Du côté de M. Turcotte, on pense qu'on ne doit pas chercher des problèmes là où il n'y en a pas. C'est la maladie mentale qui a fait agir M. Turcotte, point à la ligne. «Il n'y en a pas, de colère. Il n'y en a pas, de rage. Eux-mêmes sont incapables de la documenter», a plaidé Me Guy Poupart. Ce dernier a fait valoir que M. Turcotte n'est plus malade. Il ne prend plus de médicaments et il a changé. Il a fait un cheminement. C'est un homme différent, qui se connaît mieux et qui a appris le monde des émotions. «Il est aussi victime des actes qu'il a commis.» Me Poupart a signalé que M. Turcotte avait fait le deuil de son statut social. «En prison, on n'est rien. On est de la poussière», a déjà dit M. Turcotte.  

Me Poupart estime que son client a beaucoup de courage de vouloir retourner vivre dans la société, car il y a des gens qui refuseront toujours d'accepter sa non-responsabilité. Il sait qu'il pourrait rencontrer des personnes qui l'invectiveront. Mais il sera encadré par sa famille. D'autre part, le Dr Morissette de même qu'un psychologue sont prêts à entreprendre une thérapie avec lui, à l'extérieur.  

Me Poupart a demandé à la Commission de libérer M. Turcotte inconditionnellement. Si elle n'y consent pas, il demande au moins une libération avec conditions.

La Commission, formée exceptionnellement de cinq personnes au lieu de trois, a mis l'affaire en délibéré et rendra sa décision à un moment qui n'est pas encore décidé.

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