Un Californien ingurgite 72 hot-dogs en 10 minutes

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«Je suis juste un drôle de gars qui aime manger», a déclaré Joey Chestnut aux journalistes, les hot-dogs à peine avalés, suant à grosses gouttes.

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Catherine TRIOMPHE
Agence France-Presse
New York

Il est mangeur de compétition, capable d'avaler en quelques minutes des quantités incroyables de nourriture. Mardi, pour la fête de l'Indépendance, Joey Chestnut a réussi l'exploit de remporter pour la 10e fois le concours de hot-dogs de Coney Island, avec 72 hot-dogs avalés en 10 minutes.

Ce Californien de 33 ans, un grand gaillard de 104 kilos surnommé «Mâchoires», a ainsi battu son record de 2016 (70 hot-dogs), entrant dans la légende de ce concours organisé chaque année depuis 1916 à Brooklyn, au pied du célèbre parc d'attractions de Luna Park.

Son record personnel - et record mondial - est plus élevé encore: il a avalé 73,5 hot-dogs en 10 minutes lors d'une épreuve de qualification.

Alors que l'organisateur de la compétition, George Shea, célébrait avec lyrisme sa victoire en le décrivant comme «le héros américain» par excellence, «une incarnation de la liberté et de l'idéal américain», Chestnut avait la victoire modeste.

«Je suis juste un drôle de gars qui aime manger», a-t-il déclaré aux journalistes, les hot-dogs à peine avalés, suant à grosses gouttes. «J'ai de la chance, je voyage dans le monde entier et je mange et je fais sourire les gens».

Et Chestnut, qui a débuté sa carrière de mangeur de compétition comme étudiant en 2005 avec un concours d'asperges, a bien l'intention de s'améliorer encore d'ici l'an prochain.

«Il faut que je travaille sur ma forme, pour moins transpirer parce que ca m'a fait perdre du temps (...) Il faut que je comprenne mieux mon corps pour pouvoir le pousser jusqu'à la limite», a-t-il expliqué.

Dans un pays qui a inventé la malbouffe, où l'obésité touche plus d'un adulte sur trois, ce concours lancé en 1916 pourrait passer pour un mauvais exemple. 

> Voyez la performance de Joey Chestnut :

Un vrai sport  

Les scènes qu'il génère ne sont pas recommandées pour les estomacs sensibles: pour faciliter la mastication, les 18 finalistes trempent leurs brioches dans l'eau, et poussent les hot-dogs dans la bouche avec les doigts jusqu'à la dernière miette, en levant la tête pour aider la descente.

Mais le concours n'en attire pas moins des milliers de personnes, plus de 30 000 encore cette année, selon les organisateurs. Sans parler des plus d'un million de téléspectateurs qui suivent l'évènement en direct sur la chaîne sportive ESPN, qui le retransmet depuis 11 ans.

Car nombreux sont ceux qui, parmi les concurrents et les spectateurs, voient ce rituel du 4 juillet comme une véritable épreuve sportive, avec entraînements stricts pour les «athlètes» pour préparer et élargir l'estomac, épreuves de qualifications, juges officiels, et records à briser.

La discipline a sa fédération, la Major League Eating, qui se targue d'organiser quelque 80 évènements par an, pendant une saison qui s'étale de février à septembre, avec des épreuves séparées hommes et femmes (la championne de mardi, Miki Sudo, a avalé 41 hot-dogs).

Son patron George Shea, qui présente le concours depuis 1988, chauffe la foule en énumérant les exploits de ses champions, la tête invariablement coiffée d'un canotier en harmonie avec le charme désuet de Coney Island, plage populaire de Brooklyn.

Pour Elizabeth Graham, 19 ans, venue de l'Alabama avec sa soeur, ce n'est pas pire pour la santé que d'autres disciplines.

«C'est comme tous les sports: il faut s'entraîner, et comme tous les sports, ça peut être dur pour les muscles», dit-elle.

Beaucoup viennent aussi pour l'ambiance: pom-pom girls, chanteurs d'opéra et de hip-hop s'enchaînaient mardi à la tribune, au milieu d'une mer de drapeaux américains et de chapeaux en forme de hot-dogs.

Et si certains dans la foule chantaient «U-S-A», «U-S-A», comme aux meetings électoraux de Donald Trump, les spectateurs interrogés réfutaient toute motivation politique.

«C'est bien plus que ca», a résumé Tom Walter, qui avait entraîné femme et enfants malgré leurs réticences. «J'adore le 4 juillet, j'adore les hot-dogs», a-t-il souligné.

«Je suis venue pour ma famille, moi je trouve ça dégoûtant», dit sa femme Jinnean. Mais elle sourit malgré tout. «Ca fait partie de la tradition du 4 juillet», dit-elle.

Une tradition qui devrait durer longtemps encore, malgré le nombre croissant d'avocats du «manger sain» aux États-Unis.

George Shea, 52 ans, affirme qu'il continuera à animer l'évènement «jusqu'à ce qu'on m'enterre ici, aux coins des avenues Surf et Stillwell», le carrefour où se tient le concours.




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