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Laval annule l'appel d'offres pour son complexe aquatique

Le maire de Laval, Marc Demers, voulait un complexe... (PHOTO FRANCOIS ROY, archives LA PRESSE)

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Le maire de Laval, Marc Demers, voulait un complexe aquatique de calibre national à l'architecture remarquable.

PHOTO FRANCOIS ROY, archives LA PRESSE

L'administration du maire de Laval, Marc Demers, a annulé mercredi l'appel d'offres pour la construction du complexe aquatique à cause de l'explosion des coûts. La plus basse soumission reçue est 46 % plus élevée que le budget prévu.

Comme le révélait La Presse en juillet dernier, trois entreprises ont déposé une offre, toutes en hausse par rapport au budget alloué. La soumission de Magil Construction à 71,4 millions de dollars (82 millions avec les taxes) est la plus basse. Or, la Ville estimait plutôt la facture à payer à 48,9 millions, de là l'écart de 46 %.

Le projet, relancé en 2016, devait totaliser 61 millions (plans et devis, architecture, ingénierie, excavation et construction). L'idée est toutefois discutée depuis 10 ans à Laval ; sous l'ancienne administration du maire Gilles Vaillancourt, il était question d'un projet de 34 millions.

Mais, le maire Demers voulait un complexe aquatique de calibre national à l'architecture remarquable. Un concours international a donc été lancé. L'édifice choisi a une forme circulaire, et sa fenestration est abondante afin de donner l'impression d'être en communion avec la nature.

Le complexe aquatique devait comporter trois bassins (natation, plongeon et baignade) pouvant accueillir 875 baigneurs. La construction devait démarrer cet été et être prête pour les épreuves de natation de la 55e finale des Jeux d'été du Québec, en 2020. Mais, les trois soumissions reçues (Magil, Pomerleau et TEQ) forcent Laval à reculer.

L'administration Demers attribue la situation à une hausse du nombre de chantiers dans la région métropolitaine, ce qui ferait pression sur les coûts. Les délais de réalisation serrés qu'exigeait la Ville afin de remplir son engagement pour les Jeux d'été du Québec ont peut-être également eu une incidence, croit-on. Il en va de même de la complexité de la forme architecturale de l'édifice.

Le maire Demers se dit toutefois déterminé à construire le complexe aquatique qu'il s'était engagé à offrir à la population. « Il s'agit d'une infrastructure nécessaire au mieux-être des Lavallois. Par contre, nous ne la bâtirons pas à n'importe quel prix », a indiqué le maire.

Pour accélérer les travaux, l'administration Demers avait attribué un contrat d'excavation et de construction des fondations. Tout est prêt ; il faudra maintenant les protéger.

Lors de la prochaine assemblée du conseil municipal le mois prochain, les élus seront appelés à se prononcer sur une dépense de 711 000 dollars pour une membrane imperméabilisante à installer sur le béton des fondations qui devront être remblayées.

Pour le chef de l'opposition officielle, Michel Trottier, Laval doit saisir l'occasion de revoir sa stratégie et utiliser « le budget restant pour construire un plus grand nombre de piscines à moindre coût et mieux réparties sur le territoire de Laval. Les citoyens continuent de payer pour ce projet de plus en plus incertain. Ce qui est certain, c'est que les quartiers de Laval manquent de piscines », souligne M. Trottier.

Le conseiller municipal Michel Poissant, du groupe des sept dissidents, se désole que le maire Demers ait décidé de « jouer d'audace ». « Peut-être qu'il aurait fallu s'inspirer des projets menés dans d'autres villes autour de Laval. Ce sont des complexes aquatiques probablement plus conventionnels, mais dont le coût respecte la capacité de payer des contribuables », a-t-il commenté.




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