Un coyote attaque un chien dans Ahuntsic-Cartierville

Silvana Salvatore marchait avec Hally vers 22h près... (Photo Patrick Sanfaçon, La Presse)

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Silvana Salvatore marchait avec Hally vers 22h près du boulevard Saint-Laurent et de l'autoroute 40 lorsque le coyote a surgit.

Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

Un coyote qui a sauvagement attaqué un petit chien en laisse la semaine dernière, tout près du boulevard Saint-Laurent et de l'autoroute 40, a provoqué un émoi dans un pâté de maisons montréalais qui n'avait aucune idée que ces bêtes sauvages rôdaient dans le secteur. Le coyote est un des deux individus « possiblement malades » que la Ville de Montréal traque et souhaite éliminer, a appris La Presse.

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De profondes traces de morsures dans la peau du shih tzu témoignent de l'attaque.

Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

Gravement blessé, le chien mordu s'en est tiré malgré quatre assauts répétés du coyote.

« Je [marchais] avec mes deux chiens un peu passé 22h et tout à coup, j'ai senti une présence derrière moi, et là : TACK ! le coyote a surgi de nulle part. Il a attrapé mon chien en le mordant par le milieu du corps et a essayé de se sauver avec », raconte Silvana Salvatore, propriétaire de Hally, un shih tzu de 7 ans. L'attaque est survenue dans la rue Clark, à l'intersection de la rue Legendre, à 500 mètres au nord de l'autoroute 40.

« Je me suis mise à crier comme une folle en tirant la laisse de toutes mes forces. Je ne sais pas où j'ai trouvé cette énergie, mais tout le monde du quartier est sorti », poursuit Mme Salvatore, résidante de l'extrémité sud de l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville.

Le coyote, apeuré, s'est alors éloigné quelques instants, mais est revenu à la charge, attrapant cette fois-ci sa cible par le cou. « Il voulait le manger, comme un bifteck », dit Mme Salvatore. La bête a ensuite poursuivi le chien sur près de 100 mètres. Une vidéo filmée par la caméra de surveillance d'une résidence montre un citoyen qui tente alors d'intervenir.

Le coyote a vraisemblablement attrapé de nouveau le chien en cours de route, mais a été pris en chasse par le voisin qui essayait de lui faire peur avec une raquette de tennis et en lui lançant des objets. « Le coyote a lâché le chien dans une ruelle, à l'arrière. Le chien était vraiment tout ensanglanté, c'était juste fou. La dame était en panique totale », raconte Lili Diep, une voisine qui a récupéré l'animal blessé et a tenté de le garder au chaud en attendant l'arrivée de la police.

De profondes traces de morsures dans la peau du shih tzu témoignent de l'événement, qui a mobilisé une demi-douzaine de personnes du voisinage jeudi soir dernier. Mme Salvatore a dû emmener son animal d'urgence chez le vétérinaire, d'où elle est sortie avec une facture de plus de 1000 $. « J'ai juste fait faire la base. Il reste à prendre des radiographies des poumons et à faire un suivi pour la rage. Ça va coûter près de 2000 $ en tout », calcule-t-elle.

« Je suis vraiment préoccupé, dit Martin Proteau, un voisin, qui est père de jeunes enfants. Ma fille est petite, on joue souvent dehors et dans les parcs du secteur, on ne sait pas ce qui peut se passer. C'est très inquiétant. »

DES PIÈGES RÉACTIVÉS

La présence de coyotes dans l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville est la source de bien des tracas pour les citoyens et pour la Ville de Montréal. L'administration Plante a mandaté à la mi-mars une équipe de traceurs-pisteurs qui ont ciblé deux individus jugés problématiques, dont celui de l'attaque de jeudi.

« Ce sont deux individus possiblement malades qui n'agissent plus comme des animaux sauvages ; ils n'ont plus peur des humains », explique la mairesse de l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville, Émilie Thullier.

« Les pièges visant à les capturer ont été activés récemment. » Il s'agit de collets dans lesquels les animaux se coincent une patte, et dont le mécanisme envoie une photo numérique au trappeur dès l'activation.

« Les coyotes seront probablement euthanasiés quand nous les aurons attrapés. On espère qu'en attrapant ces deux individus, les choses se régleront », dit Mme Thullier.

« Nous favorisons la cohabitation avec les coyotes, mais pas au détriment de la sécurité publique. » - Émilie Thullier

Les deux bêtes ciblées ont probablement élu domicile dans le parc Frédéric-Back (l'ancienne carrière Miron), à environ 2,5 km du lieu de l'attaque, mais les quelque 400 signalements enregistrés par la Ville depuis juin 2017 montrent qu'ils couvrent un territoire de plus en plus vaste. Environ 70 % des cas ont été signalés dans Ahuntsic-Cartierville, mais il y a quand même de 10 à 15 % des signalements dans Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, et des citoyens ont rapporté leur présence dans Rosemont et dans Tétreauville, près des voies ferrées.

La Ville, qui dit s'inspirer des meilleures pratiques nord-américaines en la matière, refuse règle générale d'abattre les coyotes. « C'est contre-intuitif, mais en les éliminant, on ne réduit pas leur population », souligne Mme Thullier. Différents rapports scientifiques indiquent que lorsque les mâles et les femelles dominants de la meute sont éliminés, les animaux de rang inférieur se mettent à procréer par instinct de survie.

La mairesse d'arrondissement invite les citoyens qui croiseraient des coyotes à agir exactement de la même manière que Mme Salvatore : « Je comprends qu'elle a pu être traumatisée, mais elle a fait exactement ce qu'il faut : crier, faire un maximum de bruit. »

Le trappeur Yannick Malette, membre de l'Association des trappeurs de Laval-Montréal-Montérégie, craint que ce type d'attaque s'accentue dans l'avenir. « Les individus qui sont nés en milieu urbain n'apprennent pas à chasser de la même façon. Ils sont habitués à être nourris par les humains et ont tendance à surréagir quand ils sont affamés. Ils peuvent aller jusqu'à mordre des humains et se montrer agressifs pour avoir de la nourriture », indique-t-il.

Craintive à l'idée de reprendre ses longues promenades dans la rue, Mme Salvatore assure que le coyote ne s'est jamais montré agressif à son égard. « C'était une très belle bête. Je ne lui en veux pas, il a juste fait ce qui est dans sa nature. Mais je ne savais même pas qu'on trouvait ces animaux à Montréal », dit-elle.

« Je ne souhaite à personne de vivre ce que j'ai vécu. Voir ton animal être tout près de se faire dévorer devant tes yeux, c'est triste et troublant », dit Mme Salvatore.




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