Cancer: les pompiers du centre-ville davantage exposés

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Le Service de sécurité incendie de Montréal laisse entendre que la majorité des cas de cancers se déclarent après le départ à la retraite des pompiers.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRECHETTE, La Presse

Les pompiers oeuvrant au centre-ville de Montréal sont plus à risque de développer un cancer en raison de leurs interventions plus fréquentes au feu, évalue le Service de sécurité incendie de Montréal (SIM).

Le chef pompier Bruno Lachance a présenté cet après-midi aux élus montréalais les mesures adoptées pour réduire les risques de cancer chez ses sapeurs, une centaine de cas ayant été répertoriés ces dernières années. Dans sa présentation, celui-ci a indiqué que les pompiers ayant longtemps oeuvré dans les casernes du coeur de l'île sont plus à risque puisque ceux-ci sont davantage appelés à intervenir sur des brasiers que leurs collègues en périphérie.

«Un pompier qui a passé plus de temps au centre-ville a été plus exposé», a-t-il expliqué. Il a notamment identifié les secteurs du Plateau-Mont-Royal, de Ville-Marie, Rosemont et Ahuntsic, où les feux sont plus fréquents. À l'inverse, les casernes de secteurs comme Sainte-Anne-de-Bellevue, Montréal-Est ou Pierrefonds sont davantage accaparées par des interventions de premiers répondants.

Le SIM note également que la majorité des cas de cancers se déclarent après le départ à la retraite des pompiers. Sur la centaine de cas de cancers répertoriés depuis 15 ans, seulement 9 touchent des pompiers encore actifs.

On compte ainsi surveiller ainsi de près la cohorte de 500 à 600 pompiers qui doivent partir à la retraite au cours des 4 prochaines années, eux qui n'auront pas bénéficié des nouvelles mesures préventives.

Parmi les mesures prises pour prévenir les cas de cancer, le SIM a doté chaque pompier de deux habits. Ceux-ci sont de plus faits sur mesure pour assurer un meilleur ajustement et éviter l'infiltration de matières nocives. À la fin de toute intervention au feu, les sapeurs doivent désormais prendre une douche et nettoyer leurs habits sur place pour éviter la contamination croisée.

L'administration Plante s'est dite satisfaite par les mesures prises pour protéger les pompiers. «Le SIM a les choses en main. On prend le problème au sérieux et adopte les mesures pour protéger la santé et la sécurité des pompiers», a salué le président de la Commission de la sécurité publique, Alex Norris.

L'élu estime que le SIM prend la bonne approche en étendant les mesures à toutes les casernes et pas uniquement celles jugées plus à risque. «Qu'on soit affecté à une caserne où il y a plus d'incendies ou une caserne où c'est plus calme, quand il y a un feu, il faut prendre des mesures, qu'on soit davantage exposé ou non», a indiqué M. Norris.

L'Association des pompiers de Montréal a dit voir d'un bon oeil les mesures mises en place par le SIM pour réduire les risques. On veut toutefois s'assurer que les protocoles élaborés pour protéger les sapeurs soient bien suivis. «Les pompiers doivent prendre leur douche le plus rapidement après une intervention, mais ce n'est pas toujours le cas. Les protocoles sont suivis à la saveur du chef, comme on dit.»

Le syndicat compte également sensibiliser ses membres à la retraite des risques auxquels ils ont été exposés.

>> Le SIM a produit une vidéo pour sensibiliser ses pompiers aux risques auxquels ils s'exposent




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