Complexe sportif Saint-Laurent: poursuite de 27 millions contre la Ville de Montréal

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Le complexe du boulevard Thimens, dans le nord de la Ville, comprend une piscine, un terrain de soccer intérieur, un gymnase et plusieurs salles de sport et d'entraînement.

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Le complexe sportif flambant neuf de l'arrondissement de Saint-Laurent fait le bonheur des citoyens depuis son inauguration l'été dernier après plus de deux ans de retard. Ce projet de 50 millions de dollars s'est toutefois réalisé dans la zizanie. L'entreprise Unigertec tient la Ville de Montréal responsable des retards « interminables » du chantier et lui réclame 27 millions de dollars.

Les travaux du centre sportif se sont amorcés à l'été 2013 et devaient se terminer en décembre 2014, puis en février 2015. Or, c'est seulement 27 mois plus tard que le complexe sportif a été ouvert aux citoyens de Saint-Laurent. Ce retard a été causé par des centaines de modifications imposées par la Ville après la signature du contrat de 50 millions de dollars, allègue Unigertec dans une récente poursuite. Ces changements aux plans et devis ont fait gonfler de 30 % la facture du projet, avance-t-on.

La conception de l'immeuble vitré au design futuriste était « encore incomplète ou déficiente », lorsque la Ville a décidé de lancer l'appel d'offres, soutient-on.

L'entreprise allègue que la Ville de Montréal a exigé près de 400 « modifications et compléments de design », et près d'une centaine de « modifications additionnelles à l'envergure initiale des travaux » pendant la réalisation des travaux.

« Ces évènements ont inévitablement perturbé la bonne marche des travaux, en ont prolongé significativement la durée, ont entraîné des coûts additionnels imposants pour Unigertec qui, de surcroît, a vu sa situation de liquidités être mise à rude épreuve », indique la requête déposée le 30 novembre dernier au palais de justice de Montréal.

Comme la Ville refusait de payer pour ces nombreux « extras », l'entreprise s'est ainsi retrouvée à devoir « malgré elle financer le projet ».

Cette situation a ensuite eu un effet boule de neige sur la durée des travaux, puisque les sous-traitants de l'entreprise se retrouvaient impayés ou payés avec un retard considérable. « Cette problématique a nécessairement contribué à aggraver les retards que ne cessaient de provoquer les ajouts continuels à l'envergure initiale des travaux », indique le document.

PÉNALITÉ DE 30 MILLIONS

La Ville de Montréal estime que l'entreprise est responsable de tous les retards au-delà du 9 février 2015, peut-on lire. Depuis, la Ville impose à Unigertec une pénalité journalière de 42 000 $, totalisant une somme « exorbitante » de plus de 30 millions de dollars. 

« Cette position est d'autant plus abusive qu'Unigertec a accepté de poursuivre la réalisation des travaux - alors même qu'elle était en droit de ne plus le faire au motif d'inexécution vu les refus ou retards des paiements répétés de la part de la Ville », soutient-on.

« La Ville de Montréal contestera vigoureusement devant le tribunal les faits allégués par l'entreprise Unigertec dans sa poursuite. Nous réservons nos commentaires et explications pour l'audience devant le juge. »

- Gonzalo Nunez, porte-parole de la Ville

Le complexe du boulevard Thimens, dans le nord de la Ville, comprend une piscine, un terrain de soccer intérieur, un gymnase et plusieurs salles de sport et d'entraînement. Les gouvernements du Québec et du Canada ont payé environ la moitié de la facture du complexe qui a obtenu la certification LEED Or.




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