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Un retard du pont Champlain retarderait le train électrique de la Caisse

Le responsable de la construction du nouveau pont... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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Le responsable de la construction du nouveau pont Champlain, Signature sur le Saint-Laurent (SSL), a admis la semaine dernière que les retards accumulés retarderaient son ouverture de sept à huit mois, jusqu'à l'été 2019, si certaines mesures ne sont pas prises pour accélérer les travaux.

Photo Martin Chamberland, La Presse

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Bruno Bisson
La Presse

Le retard possible dans la livraison du nouveau pont Champlain «amène une incertitude» quant à la possibilité d'implanter le Réseau électrique métropolitain (REM) de la Caisse de dépôt et placement d'ici la fin de 2020.

«Il est possible que cette incertitude ait un impact sur le calendrier de réalisation du REM, a reconnu mardi Jean-Vincent Lacroix, porte-parole de CDPQ Infra, la filiale de la Caisse de dépôt qui est responsable de ce projet de train électrique, dont le coût est présentement estimé à plus de 6 milliards de dollars.

«L'accès au nouveau pont Champlain est en effet un élément essentiel à la réalisation du projet, puisque le REM devra passer sur le tablier central du nouveau pont. Nous allons donc évaluer les impacts de cette situation à mesure que nous aurons plus d'informations» sur les échéanciers de construction.

Le projet du REM est présentement dans une étape critique de son développement. D'ici quelques semaines, CDPQ Infra devra procéder au choix du consortium industriel qui construira le nouveau réseau de train électrique, qui prévoit 27 stations sur une distance de 67 kilomètres. Une des antennes du REM doit relier le centre-ville de Montréal à la Rive-Sud, en passant sur le nouveau pont Champlain. Dans sa proposition à CDPQ Infra, le consortium choisi devra lui-même s'engager à livrer ce réseau à une date précise.

Or, avec l'incertitude touchant la construction du tablier central sur lequel le REM franchira le fleuve Saint-Laurent, comment ce consortium peut-il s'engager à un échéancier de travaux sans savoir quand il pourra aménager les voies ferrées, l'installation électrique nécessaire à la propulsion du train, et les infrastructures aux approches du nouveau pont Champlain, s'il ne sait pas avec exactitude quand le pont sera complété?

Bouchées doubles

En vertu du contrat signé en 2015 avec Infrastructure Canada, le responsable de la construction du nouveau pont Champlain, Signature sur le Saint-Laurent (SSL), s'est engagé à livrer le nouveau pont Champlain au 1er décembre 2018, soit dans un peu plus de 13 mois. Lors d'une rencontre d'informations avec les médias, la semaine dernière, SSL a admis que les retards accumulés retarderaient son ouverture de sept à huit mois, jusqu'à l'été 2019, si certaines mesures ne sont pas prises pour accélérer les travaux.

SSL et Infrastructure Canada se sont donc entendus pour augmenter le nombre des travailleurs de 25%, ajouter des équipements sur le chantier et du personnel d'encadrement pour les travaux afin de rattraper ce retard et de livrer le nouveau pont Champlain au moment prévu.

Le contrat prévoit des pénalités de 100 000 $ par jour, durant la première semaine de retard, et de 400 000 $ par jour pour chaque jour de retard subséquent.

De plus, Infrastructure Canada a demandé à la société Les Ponts Jacques-Cartier et Champlain Inc. (PJCCI) d'évaluer les conséquences techniques et financières que pourrait avoir un retard d'un ou deux ans dans l'échéancier prévu sur le pont Champlain actuel, qui est déjà «entre la vie et la mort», selon l'expression utilisée par un consultant externe.

Infrastructure Canada estime que le nouveau pont est achevé à 60% et que les mesures d'accélération des travaux devraient permettre de compléter l'ouvrage au 1er décembre 2018, comme prévu.

Selon les informations rendues publiques vendredi sur l'état d'avancement du pont, plusieurs des composantes majeures du nouvel ouvrage sont toujours manquantes. Ainsi, moins de la moitié des 37 chevêtres d'acier qui doivent supporter la superstructure du pont, ont été fabriqués, et seulement 22% de ces structures sont installées.

La construction de la superstructure, composée de 600 poutres-caissons, est à peine entamée - seulement 21 poutres ont été mises en place - et l'installation du tablier de béton qui la recouvrira n'est pas encore commencée.

À la Caisse de dépôt et placement, on assure que les communications sont ouvertes avec Infrastructure Canada, le consortium SSL et le gouvernement du Québec «afin de bien arrimer les échéanciers de construction respectifs» du pont Champlain et du futur REM.




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